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Il me semble indispensable de séparer nettement le Spiritisme-Religion, i[ui est un ensemble de croyances et de pratiques chères à beaucoup de «•eus, du Spiritisme-Science, simple hvpotbèse destinée à expliquer certains phénomènes relevant de l’observation. Le premier ne me dit rien... Le second, en revanche, ne manque pas de m'intéresser comme il intéresse tous les curieux de la nature. Car ce n’est pas une question banale que de se demander si les individualités humaines on animales continuent à intervenir d’une façon effective dans les phénomènes physiques, physiologiques ou psychologiques de cet univers, après la perte de leur organisme corporel et visible. S’il y a des faits qui l’établissent d’une manière péremptoire, que de problèmes en jaillissent, et quel champ inattendu d’investigation cela n’ouvre-t-il pas à nos sciences expérimentales ! Et si l’hypothèse est fausse, quoi île plus captivant que l’étude des singuliers phénomènes qui ont pu lui donner naissance, la recherche des causes véritables dont l’enchevêtrement parvient à simuler avec plus ou moins de perfection le retour des défunts dans notre monde observable ! On comprend donc que, même dépouillée de tous les accessoires émotionnels dont elle s’enveloppe si facilement dans le cœur et l’imagination des hommes, la question de l’immortalité empirique et des interventions spirites, apparentes ou réelles, conserve son importance scientifique et mérite d’être discutée avec la calme sérénité, l’indépendance, la rigueur d’analyse, qui sont le propre de la méthode expérimentale (Des Indes, p. 3q3.')
C’est cette méthode impartiale et objective que j’ai essayé d’introduire dans l’analyse du cas, si extraordinaire à première vue, de Mlle Hélène Smith. Mais je ne me dissimule aucunement les lacunes et les imperfections de mon étude. En toute entreprise l’exécution reste au-dessous de l’idéal rêvé, et j’ai pu faillir bien des fois aux principes d investigation que je m’efforcais de pratiquer. Si j’avais fait fausse route, non seulement sur tel ou tel point de détail, mais aussi dans l’ensemble, je serais le premier à applaudir au succès de ceux qui, après avoir repris la tache, l’auraient poursuivie jusqu’à son terme intégral, quel qu’il puisse être, par une application plus rigoureuse de méthodes plus précises. Molli pertransibunl, el augebilnr scientia.
Th. Flournoy.