‹ Des Indes à la planète MarsChapitre 24 sur 103 · Ji · texte numérisé non relu

Ji

initial*

Vi -SaôuildfSS ;

•ne, cb. pfuuel

Fio. 24. — Alphabet martien, résumant l'ensemble des signes obtenus. (N'a jamais été donné comme tel par M"1 Smith.)

quoique assez déformée vers la fin : Mets ta main sur son front (*), par où il m’indique que c’est le moment de passer à la scène de traduction par Esenale.

On peut conclure de ces étapes successives que l’écriture martienne est le résultat d’une lente autosuggestion où l’idée d’un instrument scripteur spécial et de son maniement a joué longtemps un rôle dominant, puis a été abandonnée, sans doute comme peu pratique à réaliser. Les caractères eux-mêmes ont d’abord hanté pendant plusieurs semaines l’imagination visuelle d’Hélène avant de lui apparaître sur les cylindres des trois martiens d’une façon assez nette et stable pour être copiés, et de pouvoir ensuite envahir son mécanisme graphomoteur. Une fois manifestés au dehors, ces signes, que j’ai rassemblés sous forme d’alphabet dans la fig. 24, n’ont pas varié depuis deux ans. Cependant quelques petites confusions dont je parlerai plus loin montrent bien que la personnalité qui les emploie n’est pas absolument séparée de celle d’Hélène, quoique cette dernière à l’état de veille soit encore devant le martien écrit comme devant du chinois : elle le reconnaît à son aspect général, fort caractéristique en effet, mais ignore la valeur des caractères et serait incapable de le lire.

(*) Il est à noter que Léopold a écrit ces mots en conservant le crayon dans la position où le tenait Astané, c’est-à-dire entre l’index et le médius (mode d'Hélène), au lieu de le prendre à la manière ordinaire, entre le pouce et l'index, comme il en a l'habitude.

L’écriture martienne d’Hélène n’est pas stéréotypée, mais elle présente suivant les circonstances quelques variations dans la forme et surtout la grandeur absolue des lettres. On peut le constater dans les fig. 21 à 32, où j’ai reproduit la plupart des textes obtenus par écrit. Quand le martien jaillit en hallucination verbo-visuelle, Hélène le transcrit en traits de grandes dimensions, mal assurés, chargés de reprises et de bavures (fig. 21, 26, 31), et elle remarque toujours que l’original qu’elle a devant les yeux est beaucoup moins gros et plus net que sa copie. Dans les textes venus automatiquement par sa main, c’est-à-dire censément tracés par les Martiens eux-mêmes, l’écriture est en effet plus petite et plus précise. Pourtant ici encore on observe de curieuses différences : Astané a une calligraphie moins volumineuse qu’Esenale, et Ramié est celui qui a l’écriture de beaucoup la plus fine (fig. 28 et 29). La forme des lettres, par exemple du t, n’est pas non plus tout à fait la même chez ces diverses personnalités. Il serait toutefois prématuré de se lancer déjà dans des études de graphologie martienne, et abandonnant ce soin à mes successeurs, j’en viens à la collection par ordre chronologique des textes recueillis.

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