‹ Des indications de l'exclusion du pylore dans les affections bénignes de l'estomac et du duodénumChapitre 15 sur 26 · I. AFFECTIONS BÉNIGNES DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

I. AFFECTIONS BÉNIGNES DE L'ESTOMAC

La plus intéressante de beaucoup est l’ulcère simple,

À. — Ulcère simple.

Rappelons que l’ulcus simple récent se guérit par cicatrisalion ou passe à l’état chronique, prenant généralement la forme d’ulcère calleux. Une cicatrice ou un ulcère calleux peuvent subir la dégénérescence cancéreuse.

Au cours de son évolution, l’ulcèrese traduit par un frépied symplomalique : de douleurs, d’hémorragies, de troubles dyspeptiques, et peut présenter à une période quelconque

des complications variées. L’ulcère stomacal récent relève de

la médecine et ce sont ses complications qui peuvent être

causes d’une intervention chirurgicale,

RE AR e Nous distinguerons à ce point de vue :

19 Le passage à l’état chronique: l 2° Les phénomènes de sténose pylorique:

30. Les périgastrites ; 49 Les hémorragies ; D° Les perforations.

© 19 PASSAGE À LA CHRONICITÉ. —— Le diagnostic de l’intervention est des plus délicats, mais aussi des plus intéressants. Nous rappellerons comme indications opératoires l’échec du traitement médical prolongé ou sa non-observance (par des alcooliques invétérés par exemple), les rechutes successives, les troubles de l’état général pouvant aboutir à la tuberculose. Mais la plus importante des indications est la /ransformalion possible d’un ulcère chronique calleux en cancer. La fréquence de cette transformation atteint, pour certains auteurs, la proportion considérable de 50 07/0 et jusqu’à 71 07/0 (1). Cette fréquence est ‘une indication primordiale d’une opération la plus radicale possible.

Il y a contre-indication nette de la gastro- entérostomie pour un ulcère calleux suspect. Il faut pratiquer la pylorectomie, Pexcision de l’ulcère, l’exclusion dans des cas plus rares et déjà comme un pis aller.

20 STÉNOSE PYLORIQUE. — Nous ne ra pulbthns pas la pathogénie, les modalités, le degré, essentiellement variables, de la sténose. Nous dirons que, lorsque la sténose est très serrée, d’origine cicatricielle, la gastro-entérostomie donne le plus souvent les meilleurs résultats, amenant GHAUAA de véritables résurrections. | Dans les cas, au contraire, où la sténose est incomplète, coïncidant souvent avec un ulcère chronique calleux et des adhérences, la coexistence de ces différents éléments nous semblerait indiquer la pylorectomie ou, si elle est impossible,

1. W. Mayo. Excision. des ulcères calleux dela paroi postérieure de l’estomac par voie transgastrique. Annals of Sugery, décembre 1910, p. 797-800.

Mae Pr

l'exclusion trouve ici une de ses plus intéressantes indi-

cations.

30 LA PÉRIGASTRITE. — La plupart des ulcères anciens se compliquent de péritonite plastique. Cette périgastrite adhésive peut être localisée ou généralisée, constituant une véritable symphise gastrique, antérieure ou postérieure. Localisée, elle fixe le plus souvent étroitement la face postérieure du pylore sur la tête du pancréas. Ce processus de réaction inflammatoire peut d’ailleurs se propager, pour nous, à la glande et être une cause de pancréatite chronique. i

Ces adhérences ont pour effets de rendre la libération du pylore pénible et dangereuse, rès souvent impossible à cause de la fragilité du tissu pancréatique et des hémorragies possibles. Ces adhérences, par les tiraillements qu’elles subissent au cours de la digestion, sont l’origine de douleurs plus ou moins vives continues avec paroxysmes au moment des repas. Ces douleurs persisteront malgré la gastro-entérostomie, si l’on n’a pu faire la libération du pylore, ou elles reparaïîtront ‘ si les adhérences se reproduisent.

La périgastrite contribue encore à faire subir à l’estomac des déformations par tiraillements, par torsion ou par rétraction amenant des phénomènes de sténose. Elle fixe à demeure les déformations stomacales, rendant impossible le placement, de la bouche de la gastro-entérostomie en bonne place ounuisant à son fonctionnement. \

La symphise gêne considérablement la motricité de l’estomac et sa bonne évacuation. )

Enfin la symphise antérieure forme au-devant du pylore un gâteau épais qui donne l'illusion d’une {umeur véritable, difficile, souvent impossible à distinguer même au cours de l’intervention d’une tumeur maligne; d'autant que des adénopathies viennent compléter l'illusion.

Dans les cas ordinaires, la gastro-entérostomie sera suffisante !

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« Lorsqu'il s’agit d’adhérences localisées, dit M. Hartmann (1), il suffit de faire la section ou, au besoin, la résection des adhérences pour obtenir la guérison.

« Lorsqu'au contraire les adhérences sont étendues, on peut craindre leur reproduction. Mayo Robson conseille d'interposer, en pareil cas, l'épiploon entre la paroi abdominale ou le foie et la région pylorique, de manière que, si des adhérences se reforment, elles se fassent entre le pylore et une ‘partie mobile, comme l’épiploon, au lieu de se refaire entre l'estomac et une surface fixe. »

Nous pensons cependant que la périgastrite fournit des indications multiples à pratiquer l'exclusion, à défaut d’une pyloreciomie ou une excision souvent impossible.

L’exclusion faite largement, en mobilisant bien la poche stomacale, en la libérant sur une certaine longueur du petit épiploon, ainsi que le préconise M. H. Delagénière, permet de transformer l’estomac en un sac vertical bien libéré et mobile avec une bonne anastomose au point le plus déclive.

Oss. I. Communiquée par M. DELAGÉNIÈRE (inédite).

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