‹ Des indications de l'exclusion du pylore dans les affections bénignes de l'estomac et du duodénumChapitre 16 sur 26 · ULCÈRE DE LA PETITE COURBURE DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

ULCÈRE DE LA PETITE COURBURE DE L'ESTOMAC

1re Opération : gastro-entérostomie.

2e Opération : exclusion du pylore.

Mme Cécile G.., 40 ans, sans profession, habitant Le Mans. Anlécédents héréditaires. — Père âgé de 70 ans, en bonne santé. Mère, morte à 40 ans d’appendicite; elle souffrait de l'estomac depuis dix ans, et suivait un régime presque exclusivement lacté. | Antécédents personnels. — Diphtérie à 6 ans.

Réglée à 13 ans; règles abondantes, obligeant souvent la malade à garder le lit. Mariée à 21'ans, a eu 8 enfants, dont 6 vivants. | | A signaler des angines fréquentes!

(1) HARTMANN. Loco citalo, p. 217.

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Fièvre typhoïde à 33: ans. | |

Rein gauche flottant, constaté en 1902.

Depuis sa fièvre typhoïde,il y a sept ans, la malade a des troubles digestifs consistant en régurgitations acides survenant une à deux heures après les repas, et en un point épigastrique douloureux avec irradiations dorsales. La douleur disparaissait sitôt que la malade ingurgitait un peu de lait. Quelques périodes d’accalmie durant quatre à cinq mois, pendant lesquelles a malade se permettait un régime moins sévère. Même, étant devenue enceinte, la malade n’a éprouvé aucun trouble digestif pendant toute la durée de sa grossesse, quoique ne suivant pas de régime.

Bientôt, les douleurs stomacales augmentent; à partir d'octobre 1908, la malade voit ses forces diminuer rapidement et s’anémie progressivement, elle maigrit de 5 à 6 kilogrammes. Jamais de vomissements ni de perte de sang par Panus.

À la suite d’un repas AéRrae on trouve comme acidité totale : 2, 80.

Entrée à la Clinique du Dr Delagénière le ? juillel 1909.

La malade est considérablement affaiblie; décoloration ie muqueuses et de la peau.

Elle prend environ 1 litre 1 /2 de lait par jour, sans vomissements, mais une heure après l’absorption du lait, elle éprouve au creux épigastrique des douleurs très vives qu’elle compare à-des brûlures; ces souffrances la font hésiter à prendre davantage de me |

À la palpation, pas de tumeur; une vive sensibilité dans toute la région gastrique; pas de ganglions, pas de clapotement, l'estomac ne paraît pas dilaté.

Le tube de Faucher ne ramène aucun liquide de stase.

La malade est préparée par un lavage quotidien d'estomac, un lavement de sérum par jour et un lavage d’intestin.

Opération le 8 juillet 1909. — Lavage d'estomac nraenle Laparotomie sus-ombilicale.

On trouve un estomac dilaté et ptosé, le pylore est CHtouré d’adhérences et au niveau de la petite courbure est un noyau

dur et gros comme une noisette fixé par des adhérences au pancréas.

M. Delagénière pense à un ulcère en voie de cicatrisation peut-être suspect. Ganglions sur la petite courbure et dans le grand épiploon. |

M. Delagénière signale ces indicalions d'exclusion; mais en raison de l’état de la malade, ilise contente d’une gastroentérostomie postérieure transmésocolique avec libération du pylore.

Un ganglion prèlevé à fin d’examen ne s’est pas montré néoplasique.

Durée une heure et demie.

Suiles. — Dans l'après-midi, 200 grammes de sérum sous la peau, huile camphrée. Un lavage d’estomac ramène un peu de sang : on laisse à l’intérieur une tasse de tilleul qui occasionne quelques nausées, mais passe. Le lendemain, la malade a bon aspect, 90 pulsations; elle prend un peu de lait coupé d’eau de Vichy sans inconvénients.

20 juillet. Cicatrisation de la plaie par 1re intention. La malade mange et est enchantée de l opération. ;

Sortie le 26 juillet 1909. Fai,

Après sa sortie de la clinique, régime lacto-pâteux avec un peu de viande rôtie au repas du midi.

Pendant deux mois, faiblesse extrême, peu d’appétit jusqu’en novembre, digestions pénibles : peu après le repas, aigreurs et crampes d’estomac.

Les règles ne reparaissent plus jusqu’en octobre 1910; état général légèrement amélioré. Mais la malade, vers cette époque, ressent une douleur vague au niveau du creux épigastrique et de l’hypochondre gauche, gargouillement etstase pendant trois ou quatre heures après le repas.

De novembre à janvier, traitement homéopathique et régime pâteux; nausées après les repas; la malade ne ressent réellement de bien-être que pendant la deuxième partie de la nuit, de minuit à sept heures du matin, nd F estomac

est vide. … | En mai 1911, à l’examen radioscopique avec lait de bismuth

Age

fait par le D' Langevin, on constate une dilatation énorme de l’estomac qui est situé presque tout entier à gauche .de la ligne médiane. Le vestibule pylorique, le pylore et une partie du duodénum sont ptosés au-dessous de lombihc. Aux dépens de la paroï inférieure du vestibule pylorique, entre le pylore et l’anastomose gastro-jéjunale, s’est formé un cul-de-sac où s’accumule le lait de bismuth. Ce cul-desac dont le bord inférieur descend près du pubis se trouve

situé, grâce à la ptose verticale du canal pylorique, à un

niveau inférieur à la bouche anastomotique qui ne peut pas le drainer. « Le bismuth semble fixé à cette place, on ne peut le refouler en haut.

On décide une Hd du pyloré. La malade Dre à la clinique du D' Delagénière le 8 juin 1911. Elle vient d’avoir ses règles. L'état général est très mauvais, l’amaigrissement considérable. Un lavage d’estomac fait avant l'opération ne ramène que du liquide teinté de bile.

Opération le 10 juin 1911. — Chloroforme. Incision suivant la cicatrice. On constate une ptose du gros intestin qui a entraîné avec lui l’estomac, le duodénum et le pancréas. Le pancréas est devenu vertical, la tête plus bas que l’ombilic.

-Le petit épiploon est fixé à la paroi. L’estomac devenu vertical est situé tout entier à gauche de la ligne médiane.

L’antre prépylorique est basculé au-dessous de l’ombilic, entrainé par la ptose du pancréas et du duodénum, et fixé à la tête du pancréas par des adhérences ; les adhérences immobilisent ainsi l’antre prépylorique qui forme un cul-de-sac au-dessous de l’anastomose gastro-jéjunale. .

M. Delagénière libère le petit épiploon de la paroi, puis libère l’antre prépyloriqué très adhérent en arrière du pan- . créas que l’on sent induré (probablement atteint de pancréa- | tite chronique).

Section de l’estomac au niveau de l’antre et subUre à trois plans des deux bouts. On remarque la cicatrice de l’ulcère. Détachement des adhérences postérieures et mobilisation SOIgneuse de l’estomac.

On constate que l'estomac s’est rétracté en haut:s’écartant

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