‹ Des indices de réfraction et leurs applications à la chimie et à la pharmacieChapitre 4 sur 10 · UUUU · texte numérisé non relu

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ner quelque erreur d’observation d’autant plus admissible

qu’il paraît étrange qu’à 0% 1“ 2°, 3°, l’eau présente exactement le même indice ? Et voulût-on prêter aux recherches de MM.'Dale et Gladstone une précision mathématique, il est une légère cause d’erreur inhérente au procédé qu’ils ont employé.

Pour étudier les liquides à diverses températures, ils chauffaient en dessous, au moyen d’une lampe à alcool, le prisme qui les contenait ; puis, la température voulue une fois obtenue dans le liquide, ils prenaient l’indice. Or, ep chauffant de la sorte le prisme, il a dû se former des courants ascensionnels d’air chaud qui ont pu apporter quelque trouble dans les résultats. De plus, il ne suffit pas, lorsqu’on veut déterminer un indice de réfraction, de tenir compte seulement de la température de la substance, il faut encore prendre en considération la température de l’air ambiant. 11 faut que l’atmosphère et le corps que l’on étudie soient dans un parfait équilibre de température. MM. Dale et Gladstone paraissent s’être préoccupés uniquement de la température de l’eau et n’avoir pas tenu compte des variations de densité de l’air qui pouvaient influer sur le résultat général de leurs expériences.

Je me crois donc autorisé à dire que, pour des expériences aussi délicates, la méthode de MM. Dale et Gladstone ne me paraît pas irréprochable, et à soutenir, jusqu’à preuve du contraire, que Y indice de réfraction d'un corps croît à mesure que sa densité augmente.

Enfin, si les résultats de ces deux savants étaient exacts, la loi de constance du pouvoir réfringent, vérifiée par Arago, Petit, Dulong et autres ne serait plus vraie, ou tout au moins subirait une fâcheuse exception.

Voulant examiner si les indices de réfraction diminuent

constamment à mesure que la température s’élève, j’ai opéré dans une vaste étuve que j’ai fait chauffer progressivement jusqu’à 70 degrés. Pendant près de deux heures que je suis resté dans cette étuve, j’ai pris sans discontinuer les indices de plusieurs liquides à diverses températures, et pour épargner le temps je notais seulement pour chaque substance sa déviation minimum et sa température, me réservant de faire ensuite les calculs. Les liquides sur lesquels j’opérais étaient en couches très-minces dans de larges vases afin de pouvoir se mettre rapidement en équilibre de température avec l’air ambiant. Or j’ai toujours constaté : 1° que les indices diminuaient constamment à mesure que la température s’élevait ; 2° que les coefficients de dispersion diminuaient aussi à mesure que la température croissait. Cependant à l’égard de la dispersion il ne m’est pas permis de poser en principe général les résultats de mes observations ; j’ai fait trop peu d’expériences sur ce sujet, et quelques expérimentateurs assurent que les coefficients de dispersion tantôt croissent, tantôt diminuent, selon les substances, lorsque la température s’élève.

Je ne rendrai pas compte des variations considérables que j’ai observées dans les indices à cette haute température, parce qu’au moment où je fis ces observations je prenais, comme point de repère la bande verte du spectre. Ce serait manquer à l’unité de ce travail que d’y introduire des nombres n’ayant entre eux aucun rapport.

J’avouerai que la grande fatigue et les dangers résultant d’un séjour à telle température m’ont empêché de renouveler depuis cette expérience intéressante.

J’ai voulu rechercher au moyen de la méthode de Brewster si les indices de réfraction des métaux subissaient des va-

riations lorsqu’on changeait de température. Malheureusement, le polarimètre de Biot n’est pas un instrument assez sensible pour cette étude. Au cas, fort probable du reste, où la réfraction suivrait pour les corps solides les mêmes lois que pour les corps liquides, il en résulterait que leurs angles de polarisation subiraient aussi des changements avec la température. Peut-être, au moyen du procédé deWollaston, pourrait-on vérifier ce fait curieux.

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