ALCALOÏDES
J’ai recherché si par l’étude de leur réfraction il serait possible de constater la pureté et la nature des alcaloïdes. A mon grand regret, je ne suis pas arrivé à des résultats satisfaisants, presque tous, du moins ceux que j’ai examinés, présentant une grande analogie dans leurs indices de réfraction.
J’ai étudié la quinine, la cinchonine, la morphine, l’aconitine, la strychnine, la brucine, la vératrine, la solanine, la delphine et quelques-uns de leurs sels. J’opérais toujours sur (K50 de ces alcaloïdes que je faisais dissoudre dans un volume connu de liquide, et les différences présentées par ces substances n’ont jamais dépassé trois millièmes alors que l’écart était le plus grand.
J’ai opéré de deux façons : d’abord en dissolvant les alcaloïdes dans de l’eau acidulée, puis en les traitant chacun par un dissolvant approprié qui ne les transformait pas en sels. Dans les deux cas, j’ai toujours obtenu les mêmes résultats négatifs.
Les sulfates de quinine et de cinchonine, par exemple, ont presque le même indice. J’ai fait une solution de 1 gramme
de chacun de ces sels dans 10 centimètres cubes de la même eau acidulée.
Eau acidulée.. n = 1-3423
Solution de sulfate de quinine. n — 1.3613
Solution de sulfate de cinchonine. ... n = 1.3620.
Il est donc bien difficile de distinguer ces deux sels par leur réfraction.
Si la réfraction ne peut généralement pas venir au secours de la chimie dans l’étude des alcaloïdes, il est une autre branche de la physique qui, dans ce cas, peut être appliquée avec avantage, je veux parler de la polarisation circulaire. M. Bouchardat, dans le remarquable travail qu’il a fait sur ce sujet (*), a montré que les alcaloïdes sont pour la plupart doués d’un pouvoir rotatoire considérable, différent pour chacun d’eux, soit par le sens, soit par l’intensité ; et par de nombreuses expériences il a prouvé que cette propriété pouvait, dans bien des cas, être mise à profit pour l’étude de ces substances.