‹ Des indices de réfraction et leurs applications à la chimie et à la pharmacieChapitre 7 sur 10 · HUILES FIXES · texte numérisé non relu

HUILES FIXES

Jusqu’au dix-neuvième siècle, la science s’était vue incapable de constater la pureté ou l’adultération des huiles fixes.

(*) Application 4e la physique à la solution de quelques problèmes de chimie et de pharmacie, pag. 64, et Journal de Pharmacie, XL, 335 et 336.

Depuis, plusieurs réactifs ont été préconisés. L’acide hyponi» trique, l’ammoniaque, le chlore, l’acide sulfurique, etc., et tout récemment l’eau oxygénée, ont donné pour chaque espèce d’huile des caractères quelquefois asez bien tranchés. L’eau oxygénée surtout a fourni de bons résultats ; et si l’on emploie simultanément ces divers réactifs, il est presque impossible qu’on n’arrive pas à pouvoir décider si une huile est pure ou mélangée avec une autre espèce d’huile.

Ces réactions sont fondées soit sur le temps employé à la solidification de l’huile, soit sur la coloration qui se produit.

L’ensemble de ces réactions donne le moyen de faire assez exactement l’analyse qualitative d’une huile fixe, mais ne saurait constituer une méthode d’analyse quantitative.

Bien que les indices' de réfraction des huiles fixes se trouvent souvent assez rapprochés les uns des autres, dans bien des circonstances, cependant, ils pourront être consultés avec avantage comme moyen d’analyse qualitative et quantitative. Dans ce dernier cas spécialement, bien qu’il ne soit applicable que pour quelques huiles ayant des indices assez différents, ce procédé aura du moins le mérite d’être le seul qui puisse conduire à des résultats précis.

Voici l’exposé des résultats que j’ai obtenus en opérant à une température de 21° centigrades.

Baume de copahu. .. 1.5079

Huile de lin. 1.4787

— de ricins. 1.4775

— de foie de morue. 1.4763

— d’œillette. 1.4755

- de noix. 1.4751

Huile de chènevis. . ,.. 1.4741

— de baleine. 1.4733

— de colza. 1.4709

— de sésame. 1.4703

— d'amandes amères. 1.4699

— d’amandes douces. 1.4697

— d’arachide. 1.4695

— d’olive. ^.4671

La différence entre les deux extrêmes de cette série est de 0.0408; nombre assez faible par lui-même, mais qui, en raison de la grande sensibilité du procédé, a cependant sa valeur.

Dans lé commerce, le baume de copahu est souvent falsifié par l’huile de ricins. Cette fraude est très-difficile à constater par les moyens chimiques puisque l’huile de ricins est soluble dans l’alcool aussi bien que le baume de copahu. Mais la réfraction offre un moyen facile de découvrir la sophistication. A 21° l’indice du baume de copahu est 1.5070. S’il contient seulement un dixième d’huile de ricins, son indice tombe à 1.5048. Ce fait avait déjà été signalé par M. Buignet ; si je le rappelle ici, c’est qu’en employant la raie D, on possède une méthode très-sensible pour l’analyse si importante des baumes de copahu.

L’huile d'olive contient quelquefois des quantités considérables d’autres huiles à plus bas prix, le plus souvent de l’huile d’œillette. Les indices de ces deux huiles présentent une différence de 0.0084, ce qui permet d’apprécier la présence d’un cinquième d’huile d’œillette.

Les huijes de colza, de sésame, de noix et d’arachide qui servent aussi à falsifier l’huile d’olive, s’en distinguent par leurs indices de réfraction plus élevés.

On a trouvé des huiles dites de chènevis renfermant jusqu’à 80 pour 100 d’huile de lin. Cette fraude est aisément reconnue par le goniomètre.

On peut sans peine constater la présence d’un cinquième d’huile d’œillette dans celle d’amandes douces, la différence entre leurs indices étant 0.0058.

Par le même procédé, l’huile de foie de morue peut être distinguée de l’huile de baleine.

La température venant à s’élever, il arrive souvent que les différences qui existent entre diverses huiles se trouvent augmentées, toutes les huiles n’ayant pas le même coefficient de dilatation.

Je citerai seulement quelques faits :

Huile de foie de morue. .

— d’œillette.

— de noix. ..

— de colza.

— d’amandes douces. .

Pour cinq degrés seulement d’élévation de température,, on voit dans les indices des différences sensibles se traduisant sur le chiffre des millièmes. A 16° les huiles de noix ou d’œillettes ont un même indice; mais la divergence, bien que faible, est déjà manifeste à 21°, elle se trouve de O.OOOft.

Ce fait a son importance en ce sens que souvent deux huiles qui ne sauraient être distinguées l’une de l’autre à une basse température pourront l’être si l’on opère à une température plus élevée. Il est inutile d’ajouter que celte divergence dans les indices n’est pas spéciale aux huiles, qu’elle a

lieu au contraire pour tous les corps ne possédant pas un même coefficient de dilatation.

La polarisation circulaire ne peut être d’aucun usage dans l’étude des huiles fixes, car ces substances n’exercent aucune influence sur la lumière polarisée, à part un très-petit nombre d’huiles fixes qui dévient d’une manière extrêmement faible le plan de polarisation de la lumière.

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