PRÉFACE. V
Je suis loin cependant de dénier aux expériences sur les animaux une valeur relative, mais je n'admets pas qu'elles soient concluantes.
Des études ont été faites sur de nombreux animaux : chevaux, moutons, chats» lapins, rats, etc.; les excréments de cholériques, frais ou anciens, ont été introduits, à l'aide de tous les procédés, dans les parties du corps sans que l'on soit parvenu le plus souvent à tuer ou à rendre malade l'animal soumis à l'expérience; on a conclu de ce résultat négatif à l'innocuité de ces matières.
Mais de ce que des expériencees ont été aussi pratiquées avec le virus syphilitique, et ont été suivies des mêmes résultats, en a-t-on conclu pour cela à la négation du virus syphilitique (i) ?
Que prouve ces résultats négatifs? Que prouverait la mort des animaux soumis à l'intoxication par les matières putrides échappées des cholériques, si l'on n'établit pas tout d'abord, que les animaux soient susceptibles d'être directement atteints du choléra, comme il parait parfaitement démontré qu'ils sont inaccessibles à la syphilis.
Les vétérinaires ont-ils jusqu'à présent dans leur pathologie une maladie même analogue au choléra des hommes ?
On a bien dit que les poules y étaient sujettes; mais l'école d'Aïfort a jugé cette question en dernier ressort et a démontré qu'il n'y a aucune identité entre l'épizootie connue sous le nom de (iholéra des poules et le choléra humain.
Dans le cours de mes recherches, je n'ai constaté qn'un cas de rentable choléra développé spontanément chez un animal; c'était chez un chat, commensal de gens atteints de choléra, et qui a suc-
(i) Aaziai Tarenne et notre collègue M. Mathieu le savant vétérinaire expérimentateur, sont les seuls auteurs, à ma connaissance, qui déclarent, avoir pu inoculer la vérole au singe et au cheval. Quant à moi, je Tai tenté inutilement, en collaboration avec le docteur Foumier, sur les races bovine et lapine, même en l'associant au oow-poz, qui nous semblait detoir lui ouvrir une porte d*en« trée dans les organismes.