VIII PRÉFACE
ils ont fait le grand témoin^ le cadre majestueux de la légende dhm peuple.
Il est sous le soleil un sol unique au monde,
notre patriotisme vivade^ notre mère-patrie la France; les mots, les attitudes^ les rebuffades, les hardiesses, la croyance robuste de nos a'ieu.r, la passion de nos viartgrs de la foi chrétienne et de la civilisation française; la na/iveté de nos contes popdilaires dont un seul contient parfois toute la France, Fenchantement de nos vieilles chansons où notre âme trouvait un apaisement et notre esprit une saine gaieté; les deuils et les souffrances qui nous ont formés, pétris, qui nous ont unis et confondus; et, surtout, notre langue, mot d^ordrc du peuple, qui fut le lien sacré du berceau à la tombe. Au moment où ils écrivaient, la tradition romantique, ébranlée seulement, subsistait encore. Ils avaient lu Lamartine et Victor Hugo sur des manuscrits qui passaioit de main en )nain, comme une chose rare. Cette tradition poétique leur suffit: elle était plus conforme à la tache qu'ils avaient choisie. Ils en ont subi l'influence parfois jusqu'au sacrifice de leur .personnalité, ainsi que l'observe M. Jean Charbonneau. Aucune préoccupation d'ordre scientifique ne perce, ne s'infiltre même dans leur vers, qu'ils veulent avant tout sonore et cadencé. S'ils n'ont pas repris tous les thèmes chers a^uj- romantiques, du. înoins ont-ils, à la manière de 1830^ jynisé leur inspiration aux