PRÉFACE IX
sources de lliisfoirc et nourri leur lyrisme de Vexaltation des conquêtes suecessives cjui forment le drame de notre existovce nationale.
Tout autre est la nouvelle génération^ celle de 1895, (/ qui M. Jean Charhonneau consacre ce livre où, sans intention critique , il s'essaie à préciser les traits qui caractérisent Vœuvre de nos jeunes portes, en déf/ar/eant les influences françaises qu'ils ont, non plus seulement subies, mais recherchées, et que leur offraient la poétique parnassienne, le rêve symboliste, les ambitions de l'école romane et du néo-classicisme. Rioi d'étonnant à ce qu'ils aient ainsi, comme d'instinct, cherché leur bien là où ils savaient le trouver. Le culte de la France, que leurs aînés avaient pratiqué, les avait sans doute naturellement dirigés vers la culture française, et ils comprirent rite à quel point elle leur serait précieuse. Français eux-mêmes, où voudrait-on d'ailleurs qu'ils eussent puisé ? La philosophie hindoue et la poésie a )i glaise, encore qu'elles leur eussent apporté des éléments appréciables, n'eussent pas laissé de les détourner de leur génie propre. Ces mêmes éléments, n'en retrouvaient-ils pas, aussi bien, quelque chose dans la poésie française, puisque la science moderne, le nivellement économique et, surtout, le rayonnement des transports, ont rapproché les points extrêmes de la terre, suscité et bientôt répandu partout des façons identiques de penser et d'écrire, de sentir et de s'exprimer ? Innombrables