‹ Des Injections de Formol dans le Traitement des Suppurations LacrymalesChapitre 12 sur 21 · CS DORE · texte numérisé non relu

CS DORE

La quantité injectée à chaque séance a toujours étè sensiblement pareille, la moitié environ du contenu d’une seringue d’Anel. L’injection doit étre poussée lentement, avec précaution, surtout dans les premiéres séances; il importe de s’assurér que le liquide reflue, soit par la parine correspondante, ce qui est la régle, soit par l'orifice du point lacrymal supérieur. En agissant à l’aveugle on s’exposerait à voir la solntion de formol fuser dans le tissu cellulaire voisin du conduit et déterminer en ces points des accidents souvent fort graves. M. Leplat, dans un des derniers numéros des Annales d’Oculislique a rapportè une observation intéressante à ce point de vue; à la suite du cathétérisme du canal lacrymal chez un malade atteint de dacryocystite, la muqueuse du sac avait subi des éraillures qui formant autant de fausses routesavaient permis au liquide d’une injection de s’infiltrer dansle tissu cellulaire et de déterminer ainsi un œdème considérable des parties avoisinantes.

Quant à la question de savoir sion ne doit pas pratiquer lPinjection de formol aussitôt la sonde enlevée, nous devons dire que dans tous les Cas nous avons fait suivre le cathètérisme de l'injection et jamais nous n’avons eu à regretter cette pratique.

En pénêtrant dans le conduit enflammé, le formol produit toujours une douleur cuisante, instantanée, douleur qui constitue en définitive le seul désavantage de cet agent, M. Valude, le premier, a signalé cet inconvénient; mais, d’après lui, « la sensation éprouvée par les malades n’est € pas plus Cuisante que celle produite par le nitrate d’ar-

« gent. » D3 nos obs2rvations personnelles, il résulte

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que cette douleur consècutive aux injections de formaldéhyde est produite surtout par l'issue de quelques gouttes de la solution sur la surface de la conjonctive. Dans tous les cas en effet nous avons pu fortement attènuer cette douleur par l'instillation de quelques gouttes de cocaïne sur la surface de l'œil. Aussi, systématiquement, avant de procèder aux injections de formol, avons-nous pris la précaution d’insensibiliser la conjonctive à l’aide de cet anesthésique. Chez les malades trop pusillanimes et chez les enfants, on pourrait injecter quelques gouttes d’une solution faible de cocaïne dans le conduit lacrymo= nasal ; hâtons-nous d'ajouter cependant que dans aucun cas nous n’avons dû recourir à ce moyen.

Pour assurer la guérison, le chirurgien ne devra jamais se contenter d’une seule injection de formol; le malade sera soumis à un traitement régulier pendant une période variable avec chaque individu, variable aussi avec l’état du conduit enflammé. A la Policlinique, les malades atteints de suppurations lacrymales et traités par les injections de formol au 1/200 ont été vus régulièrement trois fois par semaine et, à chaque séance, soumis à l'injection. L'amélioration s’est toujours rapidement produite. Souvent après deux ou trois injections la tumeur lacrymale a diminuë de volume, le larmoiement est devenu moins abondant ; et, chez les malades que nous avons eu l’occasion de revoir longtemps après le traitement, la guérison est généralement restée définitive.

Une dernière précaution, presque indispensable au succês, c’est la désinfection aussi rigoureuse que possible des voies qui précédent le canal lacrymo-nasal. Dans ce but,

beaucoup d'antiseptiques peuvent ètre préconisés. Le formol, à dose moins concentrée que pour l'injection, fournit de bons résultats.

A cet effet, à l’aide d’un tampon d’ouate hydrophile on lave la surface du globe oculaire et de la conjonctive

ainsi que tous ses culs-de-sac avec la solution suivante :

Formorre RTC ent e D MOETS HiudisiNée crues ANTON ET

Inutile d'ajouter que dans lintervalle des séances le malade aura soin de désinfecter ses yeux matin et soir avec une solution de formol; et dans le cas où la dacryocystite cornciderait avec des lésions nasales on traiterait ces dernières par des lavages antiseptiques fréquemment répètés.

Enfin, si la suppuration trainant en longueur, il survient des troubles assez marquès du côté des parois du canal lacrymal, de la pèriostite consécutive par exemple, on pourra tenter les moyens chirurgicaux si les moyens antiseptiques sont reconnus inefiicaces. Il ne nous appartient pas d'entrer dans le détail de ces opérations variées.

En terminant, rappelons que nos résultats personnels nous permettent de conclure à l'efficacité remarquable du formol dans le traitement des dacryocystites. Dans beaucoup de car, les solutions de formaldéhyde sous forme d'injections fréquentes et règuliéreinen! failes dispenseront de toute intervention chirurgicale et triompheront des formes les plus rebelles. Ce

n'est pas un moyen rapide de guérison, et il faut pour

tarir la suppuration disposer du malade pendant un certain temps. Mais outre qu'il évite à ce dernier une intervention par le fer ou le feu, toujours désagréable et douloureuse et ne satisfaisant jamais totalement malade et médecin, il ne prive les annexes de l'œil d’aucune de leur partie. A notre sens, c’est un avantage qui ne mérite pas d’être dédaigné.

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