OBSERVATION IX
(Prise à la Polyclinique).
Marie D..., 53 ans, marchande des quatre-saisons, se présente à la Polyclinique le 30 avril 1894, se plaignant d’un larmoiement très intense qui l’a forcée d'interrompre sontravail.
Au dire de la malade, sa mère aurait été atteinte d’une affec-
tion analogue à la sienne.
Ses an'écé lents pathologiques sont nuls. Eile a joui d’une excellente santé jusqu'au jour où elle à vu survenir son larmoiement, il a y un an environ.
In'errogée sur le mo le de début dece larmoiement, elle ne peut fournir d'indications précises ; elles ne s'est mê ne pas aperçie de la petite Luméfaction que l’on remarque du côté droit au niveau du grand angle de l'œil. Pas d’aliérations de la peau à ce niveau. La pression exercée en ce point donne difficilement issue à une goullelette de pus ; la narine correspon lanle est sèche et cel élat de sécheresse incommode fortement la malade. La sonde de Bowmann pénètre difficilement dans le canal lacrÿmal et c'es à reine si quelques goutles d’une injeclion pratiquée à travers le point lacrymal correspondant sortent par la narine.
Le jour de l'arrivée de la malade, le 30 avril 1894, on pratique le cath:térisme du conduit malgré quelques légères diflicultés. La sonde reste en place quarantes minules environ. La malade accuse des douleurs violentes, et au moment où la sonde est retirée,
il s’écoule par la narine droite une petite quantité de liquide sanguinolent.
On pousse à travers le canal dilalé deux injections successives de solution de formol au 1/200 : le liquide proluit à son passage une légère sensalion de brû'ure et sort presque en entier par la n r.ne correspondünte.
Les séances d'injections sont renouvelées trois fois par semaine el l’amélioralion va toujours croissant.
Le 15 mai, lc larmoiement est fort diminué.
Au boul de quatre semaines durant lesquelles le traitement a
élé régulièrement pratiqué, la malade reprend ses travaux habituels.