OBSERVATION X
(Prise à la Polyclinique).
Louise G... ménagère, 26 ans, se présente à la Polyelinique de Bordeaux le 5 mars 1894. Elle se plaint de picolements au niveau du grand angle de l'œil gauche et présente au même endroit une légère tuméfaclion accompagnée de larmoiement.
Pas d'antécédents héréditaires.
Comme anlécédents personnels nous relevons une fièvre typhoïde à 19 ans. La malade n'a jamais joui d'une bonne santé ; elle est principalement sujette à des rhumes de cerveau très intenses surlout dans ces dernières années. « Elle mouche constamment » et est en proie à une céphalée intense et continuelle.
Il y a 18 mois, c’est à dire en août 1893, après un accès violent de coryza, la malade dit avoir. éprouvé quelques picotements au niveau du grand angle de l'œil gauche et cette région s'est insensiblement tuméfiée ; en même temps apparaissait un Jarmoiement qui s'est considérablement et rapidement augmenté. C’est pour ce larmoiement qu'elle vient à la Polyclinique.
Le 5 mars 1994, jour où la malade est examinée, on remarque dans le grand angle de l'œil gauche une tuméfaction très légère sans aucun changement de coloration à la peau ; à peine note-t-on une faible rougeur tout autour du point lacrymal inférieur. Les larmes s'écoulent en abondance à travers le sillon naso-labia qui offre par places de pelites excoriations. Les cils sont agglutinés. La sonde de Bowmann permet de reconnaître un rétrécissement assez iuarqué du canal nasal ; une injeclion poussée à
travers le point lacrymal inférieur ne sort pas par la narine
Ur
correspondante. Enfin, la pression exercée sur le canal lacrymal donne issue à quelques gouttes de pus.
Le jour même où l'on voit la malade, on dilate le canal à l’aide de la sonde de Bowmann laissée en place une demi-heure environ ; puis séance {enante, avec la séringue d'Anel, on pousse à travers le canal une solution de formol au 1/200. L'injection reflue en grande partie par les points lacrymaux.
On pratique aussitôt après une seconde injection qui passe elle aussi difficilement mais un peu mieux que la première.
Le 8 mars, nouvelle injection de formol au 1/200 sans dilatation préalable du canal. Cette fois une grande partie du liquide s'écoule par la narine correspondante. À noter aussi que le larmoiement est moins accentué que lé premier jour.
On continue les injections de formol (rois fois par semaine jusqu’au 10 avril 1894, où l’on constate alors une amélioration considérable. Plus de muco-pus à la pression au niveau du sac, larmoiement à peine marqué et n’incommodant plus la malade.
Le 26 du même mois Louise G... revient à la Policlinique et l'on constate une amélioration toujours croissante.
Depuis cette époque, la malade a été perdue de vuc.
OBSERvATION XI
Prise à la Polyclinique.
Marie C..., 25 ans, domestique, se présente à la Polycliniquelé 22 février 1894. Elle accuse du côté droit un larmoiement dont elle s’est aperçue il y a deux ans environ, mais qui s'est exagéré depuis sept mois.
Pas d’antécédents héréditaires. Pas d’antécédents personnels.
bide
Il y a deux ans, dans l'hiver de 1892, elle a vu apparaîre un léger larmoiement au niveau de l'œil droit ; ce Jarmoiement assez faible au début a considérablement augmenté dans l’espace de quelques semaines, à tel point que la malade a dû renoncer bientôt à ses travaux assidus. Elle accusait en même temps une douleur assez vive au niveau du grand angle de l'œil droit etune sécheresse très marquée de la narine correspondante,
Pas de traumatisme antérieur. Pas de lésions des fosses nasales ni du globe oculaire,
En février 1893, des phénomènes inflammatoires apparaissent au point douloureux. Les douleurs redoublent vite d'acuité. Par les points lacrymaux correspondants on peul faire sourdre quelques gouteletles de jus. La tumeur s'ouvre à l'extérieur, et, à travers l'orifice fistuleux, s'écoule par intermittences un liquide purulent. Quelques jours après, le foyer se tarit, les fistules s'oblitèrent et se cicalrisent.
Pas de traitement à cette époque.
Marie C... semblait débarrassée de son affection quand, il ya huit mois, la tuméfaction du début s’est reproduite, accompagnée d'un larmoiement plus marqué peut-être que la première fois. C'est alors que la malade se présente à la Polyelinique.
La peau qui recouvre le canal lacrymal est légèrement rosée et par la pression on fait sourdre un liquide puriforme assez abondant, Le cathétérisme permét de constater la perméabilité du canal lacrymal, malgré une légère difficulté que l'on éprouve à introduire la sonde. Une injection poussée parle point lacrymal inférieur passe en partie par la narine.
Le 22 février, jour de l'arrivée de la malade, on pratique, avons-nous dit, le cathétérisme ; la sonde est laissée en place une dizaine de minules. Puis, on fail passer dans le canal à l’aide de la seringue d’Anel une solution de formol au 1/200.
La même opération est renouvelée dix fois, à trois jours d’in-