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L'auteur attribue l’arrêt de l’hémorragie et l'amélioration de l’état général qui le suivit à l’action de la solution saline, Il pense de plus quele procédé de l'injection rectale doit être préféré à ceux des injections intra-veineuses et sous-cutanées.
OBsERVATION II (inédite).
(Recueillie dans le service de M. le professeur Poncet).
Sténose du pylore. — Gastro-entérostomie. — Injections intra-rectales de solution saline.
Georges K..., quarante-quatre ans, cordonnier. Entré le 7 janvier 1899, salle Saint-Philippe.
Pas d’antécédents héréditaires ni personnels. Léger degré d’alcoolisme,
Depuis près d’un an, le malade éprouve un dégoût très marqué pour la viande et les aliments gras ; mais n’a jamais éprouvé, même après les repas, de douleur au niveau de l’estomac, et l’alcool a toujours été bien supporté.
Au mois de juillet 1898 apparurent des vomissements ; le malade éprouvait une sensation de malaise à la région épigastrique et rejetait ses aliments une heure et demie ou deux heures après le repas. Il vomit un jour des raisins qu'il avait ingérés plus de quarantehuit heures avant,
Le malade aurait remarqué des mouvements péristaltiques ou antipéristaltiques survenant immédiatement après le repas.
A son entrée dans le service, le malade est pâle et amaigri. Les traits sont tirés et la peau a prisune teinte de vieil ivoire ; la peau plissée ne revient pas immédiatement à sa situation normale.
Le malade est très affaibli ; la marche est difficile et l’état géné ral semble déjà profondément troublé,
L'alimentation est impossible ; le malade rejette tout ce qu’il prend. |
A l’examen dela région abdominale, on constate une dépression à la partie supérieure de la paroi et une voussure de la région ombilicale et des parties inférieures de l’abdomen.
C'est à ce niveau également que l’on constate les contractions antipéristaltiques.
La palpation de la région épigastrique produit une souffrance assez vive ; mais il n’y a pas de douleur spontanée.
Au-dessus de l’ombilic et un peu à droite de la ligne médiane, on perçoit une tumeur très dure, du volume du poing. Pas d’ascite.
Rien aux poumons ni au cœur. Pas d’albumine dans les urines.
9 janvier. — Intervention, par M. le D' Bérard, professeur agrégé. Anesthésie au mélange dé Billroth. Incision de 8 centimètres au-dessus de l’ombilic sur la ligne médiane. On perçoit alors une grosse tumeur qui englobe la région pylorique.
Un pli de la face postérieure de l’estomac est attiré à travers une ouverture pratiquée dans le mésocôlon transverse, et fixé à ce niveau par quelques points de suture.
Suture d’une anse jéjunale à la paroi stomacale par deux plans, muco-muqueux et séro-séreux.
Enfin, suture en deux plans de la paroi abdominale.
10 janvier. — On administre au malade, le matin et le soir, un lavement de solution de chlorure de sodium de 500 centimètres cubes, suivi d’un lavement alimentaire. L'état général se relève, les vomissements ont disparu ; la température s’abaisse à 3708.
11 janvier. — Nouveau lavement de 500 grammes de solwtion saline.
13 janvier. — Le malade présente une amélioration notable ; la force musculaire a subi un accroissement très sensible. 16 janvier, — Ablation des fils de suture. Pas de suppuration,
Le malade va de mieux en mieux, peut s'asseoir sur son lit et commence à s’alimenter avec de la poudre de viande, État général excellent, pas de température.