DES IXIIUMES SECOURUS PAR L’ AUMÔNERIE APOSTOLIQUE
Les secours à domicile , si fort vantés par les étrangers et préférés par eux aux établissements publics de charité, ne sont point inconnus à Rome comme l’a montré le précédent chapitre et le prouvera mieux encore celui-ci. Tous les malades ne sont pas portés aux hôpitaux ; il en est qui , sans être enlevés aux soins et à l’affection de leurs familles, reçoivent des visites de médecins et des remèdes, par le moyen de l’Aumônerie apostolique. Je parlerai en leur lieu des nombreuses et belles œuvres de charité opérées par elle ; ici , je veux seulement parler des secours qu’elle accorde aux infirmes.
Jusqu’au temps d’innocent XII qui donna à l’Aumônerie son existence actuelle , une pharmacie tenue par la congrégation des Saints- Apôtres à Saint-Eustache , distribuait gratuitement des remèdes aux pauvres. Aujourd’hui l’aumônerie partage la cite en onze sections nom-
mées Visites; chaque embrasse deux , trois, quatre ou cinq paroisses. Onze vertueux et charitables ecclésiastiques président les visites et sè nomment visiteurs. Cha* cune d’elles a son médecin et son chirurgien (deux cèpendant dans le nombre ont un même chirurgien) ;
en outre, un médecin inspecteur est souvent appelé à
contrôler les actes de ses collègues eMa qualité dés remèdes. Trois chirurgiens lithotomistes et dix pharmacies, dont une embrasse deux visites, complètent le personnel et les dépendances de l’œuvre. Les sage-femmes étaient autrefois payées par l’Aumônerie ; aujourd’hui elle ne dépendent plus d’elle.
Quand un malade réclame les secours de l’Aumônerie , il en fait prévenir son curé qui envoie un billet d’avis à la pharmacie. Le médecin y passe tous les matins, trouve le billet, avec l’adresse du malade et va le visiter. Le billet lui-même qui est imprimé, excepte les épiciers, cabaretiers, charcutiers, hou^chers, aubergistes, mendiants, femmes de service qui habitent chez leurs maîtres, les gens qui n’ont pas leur domicile à Rome depuis un an au moins, ceux qui exercent un métier vil ou infamant. Si la maladie a un caractère trop grave pour être soignée à domicile, ou si l’infirme manque de l’entourage nécessaire, on le porte, aux frais de l’Aumônerie, dans un hôpital. Ordinairement on soigne ainsi chez elles les personnes qui ajipartiennent à des familles distinguées, mais pauvres, et rougiraient d’être confondues avec le peuple dans la salle publique
d’ un hôpital ; ceci est un trait de délicatesse de la charité romaine. Quelques châteaux et petites villes des environs de Rome ont leurs petits hôpitaux ; si dans lès lieux
où ils manquent, ainsi que tout autre moyen de secours, il se trouve un malade, l’aumônerie le fait transporter aux hospices de Borne. Je n’ai point, du reste, de données snffisantes pour déterminer le nombre des infirmes secourus chez eux ou transférés dans les hôpitaux. L’Aumônerie y consacre tous les ans 7,000 écus environ que lui fournit la datairie apostolique.