CHAPITRE XXV
ni: RFFÜGE DE LORE1TE.
Quelques dames et principalement la princesse Thérèse Ooria Pamphili, allant visiter les malades de Saint-Jacques , voyaient avec douleur que ces femmes à peines guéries, retournaient de nouveau à leurs anciens désordres, Le refuge de la Croix n’était plus suffisant pour les recevoir toutes, et, par ordre de la fondatrice, il n’admettait que les filles. Elles pensèrent donc à demander au pape une petite maison et une église situées dans la rue de Saint-Jean, ou le Père Angelo Paoli avait, au commencement du xviii*^ siècle , ouvert pour les convalescents un hospice détruit depuis lors.
Léon XTJ s’empressa d’accéder à leur demande, et le 1 2 août 18*25, fit expédier le bref de donation de la maison, de la chapelle, de ses rentes et de ses droits, à la congrégation de Lorette, composée de ces dames sous la direction du cardinal vicaire. Le pape crut ne point s’éloigner par là du but charitable du Père Angelo , puisque les femmes sorties de Saint-Jacques sont de vraies convalescentes. Aujourd’hui l’on y reçoit toutes les femmes qui, après leur guérison , veulent mener une vie re-
tirée. On n’en exclut aucune ; celles qui seraient enceintes iraient à Saint-Eoch faire leurs couches et reviendraient au refuge après leur délivrance. Les femmes mariées sont aussi admises jusqu’à ce que l’on puisse les réconcilier avec des maris éloignés d’elles par suite de leur vie passée. Elles sont au nombre de quatorze, dirigées par une prieure et une sous-prieure, et travaillent à la condition de donner à l’établissement la moitié de leur salaire. Une fois par semaine, elles sortent de bon matin et vont, voilées , sous la conduite de la prieure , se promener dans des rues désertes. Il leur est permis de quitter la maison quand elles veulent. La nourriture est excellente, parce qu’ elles sont presque toutes dans un pitoyable état de santé. Le local, joint à un jardin, pourrait contenir plus de monde si les revenus, qui montent à peine à un millier d’écus formé en grande partie d’aumônes, le permettaient.