‹ Des institutions de bienfaisance publique et d'instruction primaire à RomeChapitre 45 sur 73 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

m; REFUGE DE SAI NTE-MARIE-I?*-TR ASTKVERE.

De même qu’à leui’ sortie de Saint-Jacques, les femmes trouvent, si elles le veulent, un asile dans lé refuge de la Croix , ainsi celles qui quittent les prisons de Saint- Michel, après l’expiration de leur peine, peuvent se retirer dans celui de Sainte-Marie-in-Trastevere , fondé en 1806 , par le père Stracchini', prêtre deSaint-Girolamode la Charité, homme d’une éminente vertu, mort évêque de Segni. Il eut pour aide et protecteur, M. Cristaldi, ensuite cardinal de la sainte église, dont le nom doit revenir souvent sur les lèvres quand on parle des établissements romains de bienfaisance, car il les soutenait de cœur et d’action. Les femmes sorties de Saint-Michel, à l’exception des récidivées, viennent donc dans cette maison se livrer aux œuvres de piété chrétienne et au travail, et quoique l’on n’y doive recevoir que des filles ou des veuves , on y admet cependant aussi les femmes mariées. J’en ai trouvé quatorze, toutes fort jeunes encore Elles y restent tant qu’ elles veulent et on les engage à y demeurer, à moins qu’elle ne se réunissent à leurs maris,

on n’aient de bons parents pour prendre soin d’elles.

Cette maison appartenait jadis aux Pères Jésuites; elle est vaste , aérée et pourvue d’un beau jardin. Une supérieure, deux maîtresses , une tourière et une autre femme de service , composent le personnel de l’établissement. Les maîtresses conduisent alternativement, aux jours de fête, la moitié des pensionnaires en promenade dans des beux peu fréquentés. Celles-ci ont alors un uniforme, mais dans la maison elles portent l’habit qui leur convient. La nourriture est de quatre onces de potage , six de viande bouillie , quinze de pain, une demi feuillette de vin. Au souper une salade et quelqu’ autre chose. Du produit de leurs ouvrages en laine, elles donnent chacune à l’établissement onze pauls par mois, le surplus est consacré à leurs besoins , au blanchissage, à leur habillement. Le gain le plus fort de chaque jour est de 5 ou 6 baïoques. La maison retire de leurs travaux environ 200 écus par au et comme elle exige au moins mille écus pour sou entretien, le surplus est fourni parla chambre apostolique et par des aumônes.

L’œuvre est dirigée par le supérieur d’une société d’ecclésiastiques, destinée sj)écialement à la culture spirituelle de la maison coiTectionuelle. Une société de dames charitables s’en occupe également, mais il faudrait aussi qu’ une femme du genre delà vertueuse Sebastiauis’y dévouât, car alors, l’étabbssement confié à des personnes de ce caractère, on obtiendrait l’amélioration morale de ces femmes sans honneur ni éducation, qui ont besoin de grands efforts pour se relever de l’abjection du vice, ten-

(Ire à la vertu, recouvrer T e^stime publique et rentrer dans la société sages et laborieuses.

Page 1