CHAPITRE VI
DE l’aRCHICONFRÉRIE DES SAINTS- APÔTRES.
Cette arcliiconfrérie naquit en 1 564 , sous Pie ÏV , de l’union de quelques hommes pieux qui prenaient un soin particulier de la chapelle du Saint-Sacrement, dans l’église des Saints-Apôtres. Se trouvant associés pour cette pratique de piété , ils pensèrent ne devoir point se borner à des actes de dévotion , et voulant y joindre les œuvres d’une active charité, ils se consacrèrent au soulagement des pauvres , surtout de ceux qui ayant joui d’une certaine aisance, sentaient plus lourdement le poids de la misère. Ils ne donnaient point d’aumônes aux premiers venus , mais seulement après avoir visité la demeure et constaté la condition et les besoins de l’indigent. Le Père Lainez, second général de la Compagnie de Jésus, trouvait si évangélique et si convenable la charité de cei^ bons frères, qu’il leur donnait tout ce que l’on recueillait d’offrandes dans les prédications du Jésus (église centrale de. la Compagnie). En outre des secours distribués à domicile, ils servaient de procureurs et d’avocats aux pauvres, prenaient soin des infirmes et des veuves , soutenaient
les jeunes filles en danger, en les plaçant près de quelque pieuse dame, se chargeaient de pacifier les querelles , et s’appliquaient par les œuvres de religion à la culture spirituelle des âmes. Saint-Joseph Calasanzio avait été un coopérateur fervent de cette société, avant qu’il ne fondât l’ordre des Écoles Pies. Les statuts de l’archiconfrérie des Saints- Apôtres furent approuvés par Pie IV et avec quelques modifications par Sixte V, en 1586. Au xvii*^ siècle, le siège de l’institution fut transféré à l’église collégiale et paroissiale de Saint-Eustache , où elle a une chapelle particulière. Le cardinal François Barberini, protecteur de l’œuvre, ouvrit sur la place même de Saint- Eustache, une pharmacie qu’il destina à délivrer gratuitement des remèdes aux pauvres munis d’un billet de leur curé et de l’ordonnance d’un médecin; douze médecins payés par la confrérie se partageaient encore les douze quartiers de Rome, pour .soigner les pauvres malades. Le cardinal Altieri, successeur de Barberini, continua l’œuvre de la pharmacie, qui fut abandonnée plus tard, probablement quand l’aumônerie apostolique commença ellemême à s’occuper d’un établissement semblable. Les femmes enceintes étaient l’objet particulier des soins de la société ; elle cessa de les secourir lorsque l’ hôpital de Saint-Roch vint s’en charger. Les membres de la cont rerie ne portent point d’ habit spécial ; tous issus de nobles et riches familles , ils sont au nombre de quatorze, et chacun d’eux distribue par an 60 écus en aumônes. Ils .se réunissent pour les travaux d’administration, dans une maison de la place des Chevriera.
CHAPITKE VU.