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DE LA CONGRÉGATION DE LA DIVINE PITIE

D. Giovanni Stanchi, prêtre de Castel-Nuovo, eut la pensée de former, de quelques personnes choisies dans le clergé et parmi les laïques , une société charitable , dans le but de recueillir des aumônes pour les dispenser ensuite à de pauvres familles honteuses, dont la misère contraste avec leur aisance passée. 11 commença en 1679 ; le succès de ses quêtes fut très grand, et l’année suivante lîf congrégation s’établit sous le titre de la Divine Pitié. I nnocent XI accorda , par sa bulle du 1 3 août 1 685 , beaucoup de privilèges à l’institution nouvelle. Son premier protecteur fut le cardinal Carpegna auquel succéda le cardinal Lorenzo Corsini, qui devenu le pape Clément XII, voulut continuer sous la tiare la tutelle dont il honorait l’œuvre pieuse. Benoît XIll, en 1729, lui donna l’église de Saint-Grégoire, près du pont Cestius , après l’avoir restaurée convenablement.

Les membres de la congrégation, au nombre de treute n quarante, doivent avoir vingt-cinq ans accomplis; ils sont prêtres ou séculiers. Bans l’origine ils portaient un

sacde couleur de pourpre et allaient, le visagecouvertd’ un capuchon et d’ un masque, quêter à la porte des églises ; ils out aujourd’hui abandonné l’usage de ce vêtement. Leur méthode dans la distribution des secours est, je crois, la meilleure que l’on puisse suivre; et Eome peut se vanter d’avoir mis en pratique, il y a 150 ans, ces maximes de la charité publique et j)rivée , dont le baron de Gerando a récemment si bien développé la théorie dans son Visiteur du Pauvre. Chaque quartier de la ville a son député^ assisté de deux autres membres visiteurs. Aucune aumône n’est accordée avant qu’un visiteur ait de ses propres yeux constaté la misère et le besoin. Les secours se donnent plutôt en nature qu’en argent, plutôt à un petit nombre de personnes qui s’en trouvent vraiment soulagées, qu’à de nombreuses familles pour qui ils ne seraient qu’une goutte d’eau. Des couchages, des vêtements, le rachat des gages du mont-de-piété, le paiement des loyers, des bons de pains , sont les aumônes les plus ordinaires. D’après ses statuts, l’œuvre doit assister spécialement les infirmes, les jeunes filles en péril , les veuves, les femmes délaissées par leurs maris, les prisonniers, les pénitents, les jeunes gens privés de leurs emplois et les voyageurs.

Trois fois par an, chaque député a une certaine somme à distribuer dans son quartier. Chacune de ces distributions peut monter à 700 écus, ce qui forme dans Tannée ‘2 1 00 écus, bien que la congrégation possède un revenu double au moins , mais grevé de legs et de services religieux. Une distribution de pain se fait à la fête de sainte Anne, et des secours particuliers assez considérables se donnent encore d’urgence dans le cours de Tannée , lors-

que l’on a connaissance de la position critique de quelqu honorable famille ; les aumônes dans ce cas sont portées aux nécessiteux par les députés désignés à l’ avance* sous le titre de députés des cas secrets , qui ne rendent point compte de l’argent à eux confié, afin que jamais le nom des malheureux qu’ils ont secourus ne paraisse sur les registres de la société. Bien des fois leur assistance est venue comme une apparition du ciel , inattendue et même inconnue, se révéler à ces pauvres honteux de leur misère, auxquels elle ne laissait d’autre sentiment que celui de la gratitude envers la divine Providence. Les membres de la congrégation se chargent aussi de distribuer, de la manière la plus utile, les aumônes qui leur sont remises par qui que ce soit ; et certes , si quelqu’ un me demandait un conseil sur le moyen de bien faire la charité , je ne saurais lui inspirer une meilleure idée que celle de déposer son aumône entre les mains de nos bons députés. Le marquis Origo , long-temps membre de la société et bien à même de la connaître par sa propre expérience, lui laissa en mourant une grande partie de sa fortune ; on lui en doit une éternelle reconnaissance.

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