‹ Des institutions de bienfaisance publique et d'instruction primaire à RomeChapitre 55 sur 73 · DES FONDATIONS CARMIGNANO , CHIESA ET CAVALIERI · texte numérisé non relu

DES FONDATIONS CARMIGNANO , CHIESA ET CAVALIERI

Monsignor Severo Carmignano, de la noble famille des marquis d’Acquaviva, mort le 8 février 1812, a laissé dans r acte de ses dernières volontés, un beau monument de générosité chrétienne, puisqu’il a consacré au soulagement des vrais pauvres tout une fortune recueillie à force d’épargnes et par la plus stricte économie. 11 est précieux et intéressant de voir dans son testament, avec quelle incroyable et ingénieuse attention il s’attache à disposer ses libéralités de manière qu’elles soient toujours un soutien pour l’honnête pauvreté, jamais une

prime au vice et à l’oisiveté. Le cardinal-vicaire et le vice-gérant en sont nommés les administrateurs et les distributeurs, parce que nul mieux qu’un ecclésiastique n’est à même de connaître les besoins réels des indigents et les moyens les plus utiles de faire la charité. Je vais donner un exposé rapide des principales choses que je lis dans le testament de cet homme généreux.

Défense absolue de fixer périodiquement ses aumônes au jour, au mois, à l’année, comme une sorte de rente, et de déterminer même pour époque certaines fêtes solennelles , l’expérience enseignant que ces secours sur lesquels on compte , sont plus nuisibles qu’utiles. Défense expresse aussi de donner l’aumône même la plus légère sur la recommandation d’un personnage puissant, parce que des pauvres qui ont de tels protecteurs peuvent très bien se passer d’autres secours. Défense enfin « d’accor- « der des dots pour mariages ou entrées en religion, parce ce que (je cite ses propres paroles), elles absorbent des « fonds considérables et les enlèvent à des pauvres plus « nécessiteux. Je le permets seulement pour une fois, <( continue-t-il , ou bien très rarement et pour des motifs « très graves, urgents, péremptoires, w Les indigents qu’il a en vue « sont les gens les plus abandonnés , les « plus dépourvus de ressources, des vieillards impotents , « des infirmes , des veuves , des pupilles , des orphelins , « des aveugles ou estropiés, les hommes sans appui, sans « protections , incapables de se procurer le nécessaire et « de soutenir au prix de leurs fatigues leurs familles , « ceux qui ne sont ni vicieux , ni paresseux ou tombés « dans la misère par leurs fautes, maisqui craignent Dieu,

« fréquentent les sacrements, gouvernent bien leurs mai- « sons et enseignent la doctrine chrétienne à leurs eii- « fants.»

Les secours en nature, et spécialement le don de lits afin de séparer , pendant la nuit , les deux sexes , dans les pauvres familles, sont particulièrement recommandés par lebonCarmignano. Les biens laissés par lui produisent 3,500 écus de rente ; desquels déduisant les charges héréditaires , il reste 3,000 écus dont le vicaire de Rome et le vice-gérant distribuent chacun la moitié.

Un marchand romain, Gregorio Chiesa, mort au commencement du siècle, a laissé au même cardinal-vicaire un capital de 10,000 écus, pour en être les intérêts, qui montent aujourd’hui à 600 écus, employés au soutien de jeunes filles pauvres et en danger de séduction.

La marquise Girolama Carpegna, légua aussi en mourant, en 1815, tout son riche patrimoine à des œuvres pieuses et charitables. Mais sur les instances des plus proches parents de la défunte. Pie VII ordonna que 25,000 écus seulement de capital recevraient la destination voulue parla testatrice. Avec cette somme qui produit annuellement 1 ,500 écus, on érigea trois chapellenies de 1 80 écus chacune; on assigna 50 écus par an à quatre monastères et conserv^atoires , on donna 200 écus à la maison des exercices du Pont-Rompu, et le reste se distribue par les soins du vicaire du pape en secours à des clercs ou à des prêtres dans le besoin, en bourses pour de jeunes étudiants dans les établissements publics ; ce dernier objet était le but principal de la testatrice.

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