CHAPITRE IV
DES ÉCOLES CHRÉTIENNES DE LA SAINTE-TRINITÉ-DES- MONTS, DE SAINT-SAUVEUJl-DU-LAURIER ET DE LA MADONE-DES-MONTS.
Le très pieux Jeaii-Bapüste de la Salle , né à Reims en 1 65 1 , et mort à Rouen le 7 avril 1719, institua Y ordre des Frères des écoles chrétiennes. 11 était chanoine de la métropole de Reims ; mais en 1 685 , il renonça à son bénéfice, et en 1679 fonda sa congrégation, approuvée par le pape Benoît XIII dans une bulle du 2 6 janvier 1 724. Les Frères des écoles chrétiennes ne peuvent pas être ordonnés prêtres; ils font toutefois, après vingt-cinq ans accomplis, des vœux perpétuels, mais simples, de chasteté, de pauvreté et de persévérance dans leur ordre et dans l’instruction. Ils enseignent le catéchisme, la lecture, l’écriture, l’arithmétique et la langue italienne. Comme leur but est d’instruire le peuple, ils ne s’occupent ni d’érudition, ni de sciences, ni de lettres ; et même s’ils avaient appris le latin avant d’entrer dans la congrégation, ils devraient se conduire envers leurs élèves comme s’ils l’ignoraient entièrement. De là vint qu’en France on leur donna le surnom populaire Ôl Ignorantins. Leur méthode se rapproche de celle de Lancastre qui
lient toujours éveillée l’attention des enfants et leur fait faire de rapides progrès.
L’abbé de la Salle fut en France vivement persécuté par les jansénistes; mais pour donner une preuve solennelle de son obéissance au Saint-Siège, il fit venir à Borne, en 1702, deux de ses Frères qui ouvrirent une école d’abord près de la place Barherini, et ensuite à la Sainte- Trinité-des-Monts , qu’ils habitent encore aujourd’hui. En 1 793 , Pie VI leur fit élever un autre local près de Saint -Sauveur -du -Laurier, afin que cette partie de la ville pût aussi jouir du bienfait d’une instruction gratuite. Enfin Léon XII fit venir de France, en 1828, avec le concours actif et zélé du cardinal Lambruschini, alors nonce apostolique près du roi très chrétien , quelquesuns de ces bons Frères, qui ravivèrent la congrégation de Borne et ouvrirent une autre école près de, la madone des Monts , sous le titre de Saint-Antoine-de-Padoue.
Ainsi les Frères de la doctrine chrétienne ont trois établissements, dans trois des quartiers les plus dénués d’instruction ; pour compléter l’œuvre, il leur en faudrait encore dans le Trastevere et le Borgo. A la Sainte-Trinité, on compte 4 maîtres et 350 élèves; à Saint-Sauveur, un nombre égal de maîtres et 400 écoliers ; à Saint-Antoine enfin, 520 enfants et 6 instituteurs. On ne saurait assez admirer la charité avec laquelle les bons Frères se dévouent à l’instruction du peuple, et le silence, la modestie, l’ordre qui régnent dans les écoles; les enfants y vont avec un tel plaisir, qu’ils en sortent tout affligés si le lendemain est un jour de congé. Les classes durent |>endant six heures chaque jour.
L’État donne 450 écus aux écoles chrétiennes. Les dames du Sacré-Cœur qui jouissent des revenus attachés à leur maison de la Trinité-des-Monts , sont obligées de donner 100 écus par mois à l’école de Saint-Antoine-de- Padoue.
Que Dieu daigne accroître et dilater cette sainte institution , cette œuvre vraiment évangélique !