‹ Des institutions de bienfaisance publique et d'instruction primaire à RomeChapitre 70 sur 73 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DES ECOLES Dü SOIR A SAINT-NICOLAS-DEGL’-INCOROWATI ET A SAINT-SIMON ET SAINT-JCDE.

Ce n’est pas une chose nouvelle que quelqu’une des œuvres même de la plus signalée bienfaisance, reconnaisse pour son fondateur un obscur et pauvre artisan. Jacques Casoglio, Romain, mort septuagénaire le 28 août 1823, et dont la vie s’était écoulée à ciseler le bois, fut le premier qui établit à Rome une école du soir. 11 commença par réunir quelques enfants qui passaient leurs jours à s’amuser sur les bords du Tibre, près de la rue GiuUa, et il les tenait pendant le jour dans une petite chambre, leur enseignant les choses les plus nécessaires au salut , et les attirant par quelques petits cadeaux. IRais comme il savait aussi un peu lire et écrire, peu à peu l’instruction élémentaire se glissa dans sa petite réunion , qui devint une véritable éeolc. Cette bonne œuvre en pro-

duisit une autre ; mousiguor GiannoU avait organise, le 9 mars 1819, dans une église voisine de Saint-Nicolas- DegV-incoronati , et près de l’école de Casoglio, un oratoire nocturne où ce dernier conduisait tous les soirs ses enfants à la bénédiction qui terminait les exercices. Les bons prêtres desservants de l’oratoire sc chargèrent, à la mort de Casoglio, de ses écoles, et leur pieuse entreprise est aujourd’hui très florissante pour le grand bien des î\mes.

Rome possède plusieurs autres oratoires nocturnes qui ont tous pour objet des exercices religieux. Saint- Philippe-de-Neri fonda ceux de Saint-Jérôme-de-la-Charité et de Sainte-Marie-m-Faüicei/a; le Père Garavita, jésuite, établit celui qui porte son nom ; il y en a à Sainte- Marie-dei-Pianm, à la mission de Monte^Citorio, à Sainte- Marie-de-la-Paix, à Saiiit-Omobone et dans l’église des Ecossais : ces derniers sont dus au zèle du cardinal Antonelli. Les oratoires s’ouvrent le soir vers VAve Maria (angélus), et les divers exercices de rebgion se prolongent pendant deux heures. Ils sont d’une grande utilité IK)ur tout le monde, mais surtout pour les artisans qui, occupés tout le jour de leurs métiers , passent les premières heures de la nuit dans ces pieux exercices. Les hommes seuls peuvent y entrer. Oh ! combien il serait à désirer que tous ces oratoires eussent , comme celui de Saint-Nicolas, des écoles du soir annexées à leurs chapelles; car personne ne contestera qu’une bonne éducation e.st un grand bien, et qu’au pixîmier rang des œuvres de charité les plus utiles, on doit mettre celle d’instruire les pauvres enfants.

Pour être reçu à l’école nocturne de Saiiit-Nicolas, il faut être ouvrier et ne pouvoir fréquenter une autre école. L’admission dépend du prêtre-directeur; l’êge importe peu. Dès que la classe est ouverte, à l’ angélus, les jeunes gens s’attendent les uns les autres pendant un quartd’ heure, puis la première demi-heure est consacrée à l’exercice de l’éeriture, une autre demi-heure se passe à lire, et enfin l’étude de la doctrine chrétienne occupe le reste du temps. On commence par les leçons d’écriture, parce que ce sont celles pour lesquelles les enfants montrent le plus d’ardeur et d’exactitude. Le jeudi on fait un cours d’arithmétique élémentaire. L’école se divise en trois classes : la première va de la connaissance des lettres jusqu’à la prononciation des syllabes, la seconde des syllabes aux mots entiers, la troisième lit couramment . Dans la seconde classe on commence à tracer l’alphabet, dans la troisième on apprend à écrire en caractères de grande, moyenne et petite dimension. On fournit aux élèves tout ce qui leur est nécessaire, et pour économiser le papier, ils se servent d’ardoises. Outre le prêtre-directeur, maître de la troisième classe, deux bons laïques assez instruits font les classes inférieures. L’école a 70 élèves répartis dans les trois classes. A la fin de l’année on fait, au moyen des aumônes recueillies pour cette œuvre, une distribution de prix qui consistent en vêtements, parce que presque tous les écoliers sont très pauvres. Cette récompense et quelques légères punitions servent d’aiguillon au travail.

L’avocat Oigli, homme de charité ardente, ouvrit, il y a six ans, une autre école en tout semblable à celle dont

je viens de parler dans quelques salles du collège Piceno. De ce lieu elle fut transportée récemment près de l’église des saints Simon et Jude, où le bon Gigli paie le loyer de trois petites chambres, fait l’école lui -même avec l’aide de deux autres personnes aussi charitables, et pourvoit aux besoins de tous ces pauvres ouvriers qui viennent chercher près de lui, après le travail du jour, le bienfait de l’instruction. L’ordre, la méthode, la division

des classes et le nombre des élèves sont les mêmes qu’à 8aint-Nicolas-i)c(/f -mcoronaa’. De plus, l’avocat .Gigli rassemble ses écoliers le dimanche : pendant la matinée,

11 les occupe aux œuvres de religion} après le dîner, il les conduit dans quelque jardin aux environs du Vatican , où ils s’amusent à des jeux variés et agréables. Dans ce incinc jardiu, il distribue à ses frais, et avec une certaine solennité , pour mieux encourager ses élèves , des prix aux plus méritants. Ainsi scs jeunes gens sont toujours occupés, puisque dans la semaine ils consacrent le jour au travail, le soir à l’étude, et que les jours de fêtes ils passent la matinée à des exercices pieux dans l’oratoire, l’autre moitié de la journée à des divertissements^ qui les reposent, au jardin. Cette ^nne œuvre lui coûte

12 écus par mois, parce que les' soins des maîtres sont

entièrement gratuits. Si dans toutes les paroisses de Rome vingt-quatre familles aisées donnaient seulement 5 pauls par mois, chaque paroisse pourrait avoir de semblables écoles qui , offrant A l’ instruction sans le dis-

traire deâfô travàux^^^^wic desplG®n^les inventions de charSe^rétienne. Voyez comme un bien immense naît souvent des plus faillies sacrifices !

J’ai dit que le bon Gigli réunit ses élèves le dimanclie pour les oceuper à des actes de piété , et leur ménage ensuite un honnête divertissement. 11 existe plusieurs autres œuvres semblables sous le nom d'assemblées ou académies (adunanze). Elles reconnaissent pour leur premier fondateur saint Pliilippe de Neri , et c’est pour cela que la plus ancienne de toutes est celle de Y Église-Neuve (monastère des oratoriens de Saint-Philippe). Sur le modèle de celle-ci se formèrent, à diverses époques, les adiinanze du collège romain, de Saint-Apollinaire, du Pianto, de la Paix, de l’Assomption et de Ponle-Rotto. L’excellent Massari, curé de Sainte-Marie-Majeure, a aussi créé jK)ur ses paroissiens une réunion qui, avec l’aide d’une école paroissiale établie par lui-même pour les jours de la semaine, opère peu à peu une véritable régénération parmi les pauvres enfants du quartier des Monts. Il enseigne si bien à ses bons enfants la doctrine chrétienne , sans le secoui's de cette méthode pédantesque nommée dispute, que tous ceux qui assistent à l’exercice solennel et public de chaque fin d’année , en demeurent prolondément surpris. Il me semble que l’on pourrait tirer un meilleur parti des adunanze, si on y joignait des écoles élémentaires. Ainsi nous aurions, nous aussi, ces fameuses écoles du dimanche qui ne sont point une invention étrangère, mais d’inspiration italienne et catholique, puisque saint Charles les établit le premier à Milan, quand il voulut qu’ après le catéchisme, les enfants étudiassent les principes de la lecture, de l’écriture, du calcul , comme cola se fait de nos jours.

Je crois inutile de donner dans toute leur extension les descriptions que mousignor Morichini fait dans la suite de son livre, de toutes les écoles élémentaires de Rome. Le chapitre premier de cette quatrième partie a développé les principes qui gouvernent l’instruction primaire, et les autres ont parlé des plus importantes écoles, de celles qui offrent quelque chose de saillant et de remarquable. Le n° X de la préface de l’auteur ayant indiqué le nombre des écoles et celui des élèves, je me contenterai, pour éviter des longueurs et des redites, de transcrire ici , avec une analyse succincte , le titre des chapitres qui terminent le volume.

Chapitre VIL — De Vècole du prince Massimo au Trastevere. — Fondée par le prince en 1820, et entièrement gratuite. Elle est destinée aux enfants de ce quartier du Trastevere, si mal famé dans les écrits des voyageurs. L’auteur dit à ce sujet : « Le Trasteverin est cruel , parce qu’il est inculte, mais non coiTompu. Il est généreux, ardent , dévoué au pape et à Rome ; c’est un champ très bien disposé par la nature. »

Chapitre Vlll. — Des écoles paroissiales. — 11 en existe' pour les doux sexes dans presque toutes les paroisses. Leur

but principal est l’enseignement du catéchisme. Dans les écoles des jeunes filles on apprend les ouvrages de leur sexe .

Chapitre IX. — Des écoles des maîtresses règionaires. — Sortes de salles d’asile, mal tenues par ces femmes , et assez semblables aux écoles des maîtres règionaires qui sont l’objet du premier chapitre.

Chapitre X. — Des écoles pontificales. — Les plus anciennes de Rome pour les femmes. On y reçoit aujourd’hui les deux sexes.

Chapitre XL — Des écoles des maîtresses pieuses au Gesù et à Saint-Thomas-in-Parione. — Destinées aux jeunes filles d’une condition au-dessus de celle des classes pauvres. On y enseigne, outre les éléments classiques, les ouvrages même très délicats de femmes.

Chapitre XII. — Des écoles des maîtresses pieuses de V Institut dit des Monts, et des maîtresses pieuses ouvrières. — Il y a sept écoles de ce genre à Rome ; elles reçoivent mille jeunes filles.

Chapitre XIII. — De Vécole des pieuses maîtresses du Saint-Nom-de- Jésus.

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