‹ Des institutions de bienfaisance publique et d'instruction primaire a Rome, essai historique et statistiqueChapitre 27 sur 78 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

BE l’aBCHICOIVFBÉRIE DE LA MORT ET DE l’oRAISOX.

Les pauvres habitants de la campagne sont , en cas de maladie, amenés à Rome par les soins de l’Aumônerie, dans quelque hôpital ; mais s’ils viennent à mourir par suite d’un accident imprévu ou d’une maladie grave qui ne permet pas de les transporter , une charitable institution prend soin, à l’exemple du pieux Tobie, de l’œuvre sainte de leur sépulture. Instituée en 1551, elle reçut de sa destination le nom de la Mort, et cette dénomination paraissant trop lugubre , on y ajouta et de V Oraison, parce qu’eUe s’occupe aussi spécialement de l’adoration du Saint-Sacrement. Son but étant essentiellement charitable et chrétien, j’ai cru ne devoir pas l’oublier dans ces pages; d’autant plus qu’en parlant des hôpitaux, j’ai dit un mot de ces bons frères qui donnent la sépulture aux morts et accompagnent leurs ômes de saints sacrifices, d’aumônes et de prières.

L’arcliiconf rérie de la Mort ' se compose de personnes d’une condition honnête et souvent même élevée; l’habit de ses membres est un sac de toile noire ; son église est dans la via GiuUa. Dès qu’elle a connaissance d’un accident arrivé dans la campagne, elle en prévient qnelques frères qui viennent à l’église , se couvrent de leur sac, se mettent aussitôt en route , par tous les temps et dans toutes les saisons, et vont chercher le corps jusqu’à vingt où trente milles de Borne. Sous Clément VIII, lors d’une très forte inondation du Tibre , les confrères se répandirent jusqu’aux bouches à'Ostie et de Fiumicino pour y pêcher les cadavres.

Dans l’intérieur de la ville ils accompagnent souvent aussi , par un usage très édifiant , les convois funèbres, comme le font plusieurs autres associations. L’apparitenr avertit les confrères par un billet qui indique pour la réunion une heure certaine, ordinairement après-dîner. Revêtus de leur sac, ils sortent deux à deux , précédés d’ un étendart long et étroit, la face couverte d’un capuchon où d«ix trous seulement laissent voir les yeux ; ils se dirigent ainsi vers la maison désignée, portent le mort à l’église, en récitant les psaumes et tenant à la main des torches. Les confréries de Rome accompagnent de cette manière, à leur sépulture , non-seulement leurs membres , mais même les étrangers.

L’archiconfrérie de la Mort a droit d’ensevelir partout où elle le juge convenable les cadavres qu’ elle recueille dans les campagnes ; cependant elle a un cimetière près de son égUsc. Pendant l’Octave des morts on y représente, avec des mannequins, des scènes bibliques, afin que le peuple,

I Voyez noie 2.

attiré par la curiosité , y trouve uii motif de piété et de suffrages pour les morts. Les figures ont la tête, les mains et les pieds en cire que l’on travaille très habilement à Rome ; leur vêtement est approprié à la circonstance, et on les voit dans le moment le plus important de l’action, de sorte que l’artiste peut y trouver un objet d’étude. Des représentations semblables ont lieu dans les eimetières du Saint-£sprit, de Saint-Sauveur, de la Consolation et de Sainte-Marie-in-Trastevere.

Suivant Baronius {Annales ad ann. 336) il s’était formé sous Constantin une société d’ouvriers de toutes sortes, pour l’œuvre pieuse de l’ensevelissement des morts. Disparue dans le mouvement des siècles , elle a repris naissance dans les temps modernes et a compté parmi scs membres saint Charles Borromée, alors neveu du pape régnant, et Jean Leonardo Ccruso, fondateur de l’hospice des Orphelins. Cette archiconfrérie fut la première à exposer le Saint-Sacrement pour les quarante heures ; la première à faire processionnellement la visite desbasiUques deRomcet le x>èlerinage àlaSantacasa-de-Lorette ; la première è accueillir dans les années de Jubilé , les membres des confréries qui lui sont affiliées.

Je terminerai ce chapitre par une table décennale des morts trouvés dans la campagne et de leur éloignement de Rome ; il en résulte que chaque année treize cadavres ont été recueilbs à une distance moyenne de 9, 1 7 en mille romains.

Années.

Morts dans la campagne.

DUlaïU'O en Moindre.

millos romains, rius grande

DEUXIÈME PAKTIE.

Des Établisfements dertinéi aux enfants trouvés, aux orphelins, aux vieOlards, aux repentis et aux veuves.

CliAmilE PREMIER.

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