‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 10 sur 69 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

de la douleur, tantôt investi de la popularité la plus enivrante, tantôt assiégé dans son palais, fugitif, exilé, il n'a cessé de fixer les regards du monde et de constater Tincomparable majesté du pontificat romain, soit en réveillant les sympathies des indifférents et des incrédules, soit en provoquant, dans répiscopat et chez tous les fidèles (i), les manifestations d'une union dans Tobéissance et d'une subordination à l'Église mère et maîtresse, qui n'a pas été surpassée dans les plus beaux temps du moyen âge. Digne d'aimer et de comprendre la liberté, il a voulu en doter, dans la mesure du jusle et du bien, un peuple que les agitations démocratiques en ont rendu profondément incapable. Mais au plus fort des entrainemenls de celte position difficile, par la célè* bre allocution du 29 avril, qui brilla comme un premier rayon de lumière et de vérité à travers les ténèbres de 1848, et en refusant de déclarer la guerre à rAulriche, il a su montrer que jamais la politique ne lui ferait oublier la sublime neutralité du père commun de toutes les nations. Bien au-dessus des réformes politiques, dont sa sollicitude s'occupait à si juste tilre, il a placé les réformes ecclésiastiques et les intérêts spirituels commis à sa garde. Pendant que toute l'Europe se préoccupe de son sort, et pendant que l'on proclame à Rome sa déchéance et la création de la république, lui, calme et libre au fond de son exil, à Gaete^ les yeux fixés sur le ciel,

(i) Voir le recueil curieux intitulé VObecattoHco (Rome, 1850, 2 vol. in-4«), et contenant les lettres adressées par divers évêques et autres personnages au p *» ^ ^ pendant son exil à Gaële.

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et le cœur uniquement préoccupé du gouvernement des âmes et des devoirs de sa charge apostolique, adresse à tous les évéques de Tunivers une bulle destinée à hâter le moment où la doctrine de Plmmaculée Conception sera érigée en article de foi. Ramené dans Rome a£Franchie par la valeur française} avec le concours des armes de FEspagne, de TAu triche et de Naples, il y rétablit son autorité paternelle, à Pombre de ce drapeau tricolore qui avait jadis présidé à Tenlèvement de Pie VI et de Pie Vil. Les secrets de l'avenir sont à Dieu ; mais, quelle que soit Tissue de Toccupalion française, la prise de Rome et le rétablissement du pouvoir pontifical par Tarmée de la république répondent aux plus grands souvenirs de TÉglise et de la France. Celui qui a vu nos soldais agenouillés, dans leur force et dans leur simplicité, sur la place du Vatican, inclinant leurs bannières libératrices, ayant devant eux Saint-Pierre, la cathédrale du monde, sous leurs pieds la poussière des martyrs, sur leur léte la main de Pie IX étendue pour les bénir, celui-là peut se dire qu'il a vu le plus beau spectacle que puisse éclairer le soleil ; et il ne lui reste qu'à répéter, avec l'accent d'une reconnaissante admiration, les paroles gravées par Sixle-Quint sur l'obélisque de Néron : ViCIT LEO DE TRIBU JCDA : VDGITE , PARTES ADVERSiB. CHRISTUS YIFTGIT , CHRISTCS REGNAT , CHRTSTtS AB OMNI HALO PLEBEM SUAM DEFEIIOAT.

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