CHAPITRE I. AT
esl exclus ; c^s douze évécbés qui subviennfnl à peine aux besoins spirituels d'un royaume où, il y a cent ans, un seul vicaire apostolique suf^sait à une poignée de fidèles épars et cachés. Ce sont là les gages d^une renaissance graduelle et assurée. Le retour de TAngleterre au catholicisme ne dépend plus, comme sous Jacques II, de la volonté d'un souverain, d'une intrigue de cour et de cabinet : il est placé, avec la liberté elle-même, sous la sauvegarde de cette constitution vraiment glorieuse, fondée d'abord par les catholiques, puis sanctionnée à leurs dépens, en 1688, mais devenue aujourd'hui leur lH>uclier et leur sauvegarde.
Ah ! certes, le fanatisme de l'hérésie ne se laissera pas vaincre en un jour : les préjugés vulgaires, les appréhensions des hommes d'État, la haine perfide des légistes { presque partout ennemis de l'Église), préparent encore des embûches et des luttes h la patience et au courage des catholiques anglais. Ils auront plus d'une avanie à subir, plus d'une amende à payer, plus d'une campagne à endurer, comme celle du bill contre les titres ecclésiastiques. Mais rien de tout cela n'aboutira, pas plus que ce bill n'a abouti, à créer un obstacle sérieux. Rien de tout cela ne changera le fond des choses. Rien n'affaiblira la force incomparable que la cause catholique puise dans la publicité, dans l'équité, dans la discus* sion, dans l'ensemble des moeurs politiques et des institutions libérales de l'Angleterre. DéjJi, dans les deux chambres, les hommes d'État les plus éminents, les dépositaires des grands principes politiques de sir Robert Peel, ont généreusement mainfenu, au prix de leur popularité du moment, l»?» droUdes
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leurs conciloyens catholiques (i) ; et depuis les dernières élections, la phalange catholique envoyée par l'Irlande .à la chambre des communes devient au milieu de la lutte des partis, maîtresse de la situation. Si ces membres catholiques savent se conduire avec prudence et loyauté, sMl leur nafl un chef capai)Ie de les guider, l'avenir du catholicisme en Angleterre est assuré. mystère de la miséricorde et de la toute-puissance de Dieu ! II D*y a pas encore un siècle que la première pétition tendant à obtenir rémancipation des catholiques fut jetée à coups de pied par-dessus la barre de cette même chambre des communes, où les élus des catholiques sont aujourd'hui les arbitres de la politique anglaise !
Enfin, ce qui couronne cette renaissance catholi> que à laquelle nous avons le bonheur d'assister, c'est la place qu'ont reprise Rome et la papauté dans le monde. Certes, il faut remonter bien haut dans l'histoire pour retrouver un temps où le saintsiége ait occupé, ému, dominé les esprits, comme depuis que Pie IX y est monté. Destiné, comme celui dont il est le vicaire, à passer, pendant sa vie mortelle, par toutes les vicissitudes de la grandeur et
(i) On sait que M. Cardwell, Tud des collègues de sir Robert Peel au minislère, ei plusieurs autres membres distingués de son parti, ont été exclus du parlement, lors des dernières élections, à cause de leur opposition courageuse au bill de lord John Russeli contre la hiérarchie catholique. Tout annonce du reste que cette exclusion ne sera que temporaire. Elle se retrouve dans la carrière de Burke et delà plupart des hommes indépendants de tous les pays libres.