‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 12 sur 69 · CHAPITRE II. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. i

ne lui a pas été donné de s'éleindre dans Tobscurilé et Toubli ; il est demeuré étouffé sous la réprobation des fidèles , confondu par le fait même de ses derniers adeptes avec les doctrines les plus contraires à la foi, et avec les atteintes les plus graves à la liberté et à la dignité de TÉglise. Dès 1844 , on a pu demander, du haut de la tribune de la chambre des pairs, au garde-des-sceaux , ministre des cultes, de trouver en France quatre évèques qui voulussent signer les quatre articles de 1682; et ce défi pourrait être renouvelé aujourd'hui avec autant de succès qu*alors. Pas un évéque, pas un prêtre quelque peu considéré, pas un catholique investi de la confiance ou de Testime de ses frères, pas un organe de la presse religieuse, n'oserait arborer aujourd'hui le prétendu symbole dont renseignement était encore, il y a quatre ans , réclamé dans nos séminaires par un gouvernement aveugle !

Qu^pn se reporte à Tétat des esprits , chez les personnes les plus pieuses, au moment où parut, il y a trente ans , le traité sur le Pape , du grand comte de Maistre , et que Ton juge de Pespace que nous avons parcouru depuis lors jusqu'au moment actuel, où les idées de cet immortel écrivain sont devenues des lieux communs pour toute la ji'unesse catholique. Encore une fois , jamais en France et djins tout le monde catholique, l'autorité du saintsiége n'a été plus incontestée et plus amoureusement proclamée. Ils ne reviendront plus ces jours où la défiance contre Rome et le besoin de contester ses prérogatives avaient envahi jusqu'aux âmes les plus pures et les plus grandes; où Bossuet en appelait comme d'abus au parlement de Paris , contre

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une bulle rendue depuis cinq cents ans (t); où Ton voyait vingt évéques au lever du roi (s), mais où c^eût été un crime d'État pour un de ces évéques de songer à aller à Rome visiter les tombeaux des apôtres suivant le serment qu'il avait fait à son sacre (s); où le sentiment de la confraternité chrétienne était si éteint dans les cœurs, que la persécution incessante de rirlanUe , les traitements effroyables infligés par Charles III et Pombal aux jésuites d'Espagne et de Portugal, les barbaries exercées par Catherine sur les catholiques polonais , ne suscitaient pas une seule parole de commisération , je ne dis pas xhez les philosophes et les philanthropes du temps, mais chez les pontifes et les prêtres de la France et de rAUemagne: où le jubilé n'attirait à Rome qu'un seul prêtre français , le père Bridaine (4) ; où des prélats corrompus , comme le cardinal de Brienne , présidaient à la suppression des monastères (6); où les monuments gigantesques de la foi de bob pères étaient tournés en dérision par des e»fn^'iU aussi élevés que Fénelon et Fleury (s) , et sysiématiquement dévastés par ceux qui en étaleat les déposl-

(f) Dans l'affaire des religieuses de Joaarre.

(3) Mémoires de Cotnae, ambevéque d'Aix soas JLoais

XIY.

(3) On remarque que ni Bossaei, ni Fénelon, ni aucun des évéques connus du x?ii° ou du xthi* siècle, ne purent oa ne voulurent aller à Rome, à moins d'y être envoyés par le roi.

(4) Voir sa lettre du 18 mai 1750.

(6) Voira ce sujet les Mémoires d\i cardinal Pacca, Nonciature en Portugal, p. 158.

(s) Dialogue sur VÈloquencc—Bistoire ecclénatique.

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