‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 13 sur 69 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

iaires (i) ; où toute Thistoire des grands siècles catholiques était indignement méconnue ou travestie, la vie des saints mutilée , la gloire des plus illustres papes reniée, pour complaire à des préjugés misérables ; où le rigorisme janséniste était adopté et pratiqué par les adversaires les plus sincères du jansénisme, comme une sorte de préservatif contre le mépris que devait inspirer le servilisme gallican ; où la lithurgie , ce dépôt sacré de la foi , de la piété et de la poésie catholique , était dans chaque diocèse arbitrairement altérée et diversifiée , au gré des inspirations les plus suspectes.

Non, on ne reverra plus toutes ces choses puériles et tristes ; mais aussi, s'il plaît à Dieu, on ne reverra plus une assemblée du clergé de France obligée d'admettre, comme celle de 1785, « que Ton tf a ménagé les incrédules, et que le dergé n'a rien « fait pour leur opposer des écrivains dignes de les « combattre (i). » En France, comme dans presque

(i) Oo écrira sans doute un jour Hiistoiredes incroyables dévastations comniises par les évèqaes, les abbés commendataires, et sarlout par les chapitres du xviii* siècle, à Notre-Dame de Paris ; à Rouen, où les chanoines détruisirent en 1734 les tombeaux de Richard Cœur de Lion et de Charles Y , que les calvinistes s^étaient bornés b mutiler; à Chartres, à Autuu, à Troyes^ à Tournay, à Amiens, à Évreui , à Nantes , à Reims surtout . à Meaux , à Yézelay, à Bourges, à Lectoure, dans toute PAlIemagne, à Pa- )erme,^eic.,etc. C'est un sujet pour lequel les matériaux ne manqueront pas.

(i) Mémoire présenté au clergé assemblé à Paris, en 1785, par Tarcbevéque d'Arles, massacré aux Carmes, en

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tous les pays catholiques, le clergé a confondu les ennemis de TÉgUse, par ses vertus d*âbord, par sa ferveur, son zèle, la régularité exemplaire de ses mœurs; puis par ses travaux intellectuels et scientlBques qui, à coup sûr, ne sont inférieurs à ceux d'aucun autre corps ou corporation parmi nous. Les laïques mêmes ont pu , sans sortir des limites que la prudence et le devoir leur assignent, rivaliser avec le clergé dans Tœuvre réparatrice. Tous ensemble, avec un zèle et une ardeur dont il y a peu d'exemples dans Phisloire, ont travaillé à cette restauration de la vérité historique, philosophique et sociale, dont le comte de Maistre avait donné le signal au commencement de ce siècle, et dont les progrès sont aujourd'hui si visibles. Chaque jour nous ramène à une appréciation plus vraie de ces grands siècles catholiques où l'Église était toutj où, grâce à elle, la théorie du despotisme était inconnue, la liberté rendue sainte et durable ; où par elle les monarques étaient contenus, les peuples protégés, l'autorité maintenue, l'art, la poésie, la beauté consacrés sous toutes leurs formes au culte de la vérité ; où la société, malgré l'inévitable alliage des infirmités humaines, portait et méritait le beau nom de chrétienté ; de ces grands siècles, qui pourtant, grâce au plus inconcevable égarement, ont été pendant si longtemps oubliés ou insultés par la plupart des écrivains religieux.

Certes, il ne s'agit pas de ressusciter le moyen âge : on le sait bien, et ceux qui nous opposent cette niaise appréhension le savent mieux que personne. Cela serait aussi impossible que de refaire V Iliade y et aussi inutile de recommencer le siège de

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