CHAPITRE I
sail sous la domination d*un garde du corps, amant de la reine et fayori du roi.
Le Portugal, où Pombal avait renouvelé contre les jésuites les cruautés des empereurs romains contre les premiers martyrs, ne tenait plus que par un fil à TÉglise romaine. 11 faut lire Tinappréclable récit du cardinal Pacca, alors nonce auprès de Sa Majesté Très-Fidèle, pour juger à quel degré étaient tombées Tantique gloire, Tanlique liberté et rantique foi du royaume fondé par Alphonse de Bourgogne, à la suiie d^uue victoire et d*une vision miraculeuse, avec le libre consentement de se& barons et de son peuple, et la sanction du saint-siége sollicitée par saint Bernard (i).
En résumé, nulle part le moindre signe de salut ou d*espérance. La religion, partout oubliée ou anéantie, semblait exilée de la terre. Le catholicisme devait paraître au sages du monde un cadavre qu'il ne restait plus qu'à enterrer.
Un demi-siècle s'écoule, et tout est transformé. Partout la religion a repris sa place, au premier rang; partout TÉglise est reconnue comme* une puissance du premier ordre. Invoquée par les uns avec la confiance d'un amour toujours fidèle; par les autres, avec la passion d'une conversion ré«cenle ; par quelques-uns peut-être à regret et à
(i) NoUzie iui Portugalh con una bretè relaxions délia munxiatura di Litbona, dalV anno 1796 /Ino alV anno 1803, dal cardinale Babtolovubo Pacga» etc.; Velletri, 1835.