‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 34 sur 69 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ftJi religion m besoin de la liber lé j la liberté m beeoln de la rellslon.

Avec quelle rapidité Ton oublie! La vie est courte la mémoire Test encore plus. A tout homme qui a la . conscience d*un devoir public, d^une mission, quel> que modeste qu*elle soit, envers ses semblables, le temps manque pour faire ce qui est essentiel, et encore bien plus pour le refaire. Pourquoi faut-il donc recommencer sans cesse des lâches qui semblaient accomplies à outrance ?

Serions-nous donc condamnés à démontrer, après tantd*autres, une vérité qui semblait passée à Tétat de lieu commun, savoir : que de tous les gouvernements, celui qui a toujours exposé rÉglise aux plus grands dangers a été le gouvernement absolu ? Peu importe que ce soit Tabsolutisme de la foule ou Tabsolutisme .d*un seul. Un pouvoir sans frein, sans contrôle, c'est-à-dire un pouvoir omnipotent, est nécessairement redoutable à TÉglise, par cela seul qu'il peut tout; parce que Tomnipotence constitue une tentation trop forte pour Tinfirmilé humaine ; parce que celui qui peut tout, veut tout ; parce que tôt ou tard il est nécessairement conduit à envahir le domaine spirituel, seul domaine resté en dehors

92 DES liNTEAETS CATCOLIQUES.

(le sa main,' seule force restée ctebout en face de la sienne. Aussi loul pouvoir qui veulôter à TÉglise la bienheureuse vie de la liberté, la trompe et la Irabit, en attendant qu'il Topprime. Même en «'alIiaDft à TÉglise avant de commencer la lutte inévitable, le pouvoir absolu ne peut lui donner que des faveurs et du repos, des honneurs et des privilèges ; mais il ne lui donnera jamais ni droits ni forces. De sorte que, quand la lotte commence, elle y entre, humainement parlant, sans force efsâns droit. Je sais bien que le bras de Dieu ne manquera Jamais à TËglise universelle; mais l'histoire est là pour prouver que rÉglise peut disparaître de certains paysoù elle a été longtemps florissante : elle a péri dans presque tout POrient, dans la Scandinavie, dans une portion de TAIlemagne; elle périt en ce moment chez les races slaves. Or, partout où elle a été ruinée, ç*a été sous la pression du pouvoir a*bsolu.

Ce qui semble devoir surtout convenir à i^Église, c'est un gouvernement analogue au sien, aussi analogue du moins que des institutions humaines peuvent rétreà une institution divine ; c'est-à-dire, par conséquent, une autorité tempérée par des lois durables (lorsqu'elles ne peuvent pas être perpétuelles, comme celles de l'Église) ; tempérée par des coutumes, des traditions, par des résistances [lermises el indomptables. Nous ne parlons pas ici des entrave» que la servilité gallicane avait inventées pour enchaîner l'Église et donner libre carrière au despotisme laïque. Selon la doctrine ultramontaine, la seule vraie, suivant nous, le pape est le monarque de l'Église ; mais il n'est pas un monarque absolu : il ne peut rien, et il n'entreprend jamais rien, en

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