‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 5 sur 69 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

leur, et de croire la Pologne morte à jamais, dans un siècle qui a vu renaître la Grèce et llrlande.

La Suisse est, après la Pologne, le pays ou le regard du catholique aperçoit le plus de sujets de désolation. Ce que le despotisme schismatique a accompli sur les rives du Dnieper et de la Yistule, la révolution athée est en train de Timiter au pied du Saint- Gothard et du Grand Saint-Bernard. Le sacrilège y règne en maître; les monastères^ dont les premiers hahitauts avaient civilisé Pantique Helvétie , disparaissent un à un ; une tyrannie brutale y est exercée, au nom de la liberté, sur des populations désarmées, sur un clergé auquel on ne peut reprocher que sa trop grande résignation. Mais la vieille et robuste race de ces.paysans, quorque écrasée par le nombre, résiste opiniâtrement au joug de la démagogie ; il pèse sur leurs personnes, sur leurs biens, mais non sur leurs cœurs indomptés. Le sang du martyr Leu, de ce paysan de Lucerne assassiné par le radica. lisme qu*il avait loyalement vaincu dans Tarène delà légalité ; la captivité et Texil de Tévèque de Fribourg, gages sacrés de cet amour de Dieu qui est seul fort comme la mort, ne demeureront pas une semence stérille. Et d'ailleurs, si Lucerne et les cantons primitifs sont devenus pour un temps la proie de Tesprit du mal, en revanche la métropole du calvinisme, Genève, a vu éh frémissant le catholicisme reparaître dan» ses murs. Les sages de cette orgueilleuse cité avaient cru faire merveille en obtenant du congrès de Tienne que des populations catholiques, enlevées à la maison de Savoie, fussent livrées au canton de Genève ; ils ne calculaient pas que, grâce

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au principe de liberté religieuse Inventé par leurs pères et retourné contre eux, ils introduisaient ainsi l^ennemidans la place. Saint François de Sales n^eût pas été moins étonné que Théodore de Bèze, si on leur avait annoncé que, deux siècles après eux, il y aurait dans la ville de Calvin une presse catholique, qu^on y verrait deux églises catholiques, et qu^elles seraient trop petites pour contenir la foule des fidèles.

Sans doute encore , les deux péninsules du midi de TEurope, Tltalie et d'Espagne , n'ont point eur core parcouru tout le cercle de Terreur, n'ont point encore complètement traversé Texpiation de l'abaissement. Longtemps en dehors ou en arrière des grands mouvements européens , domiqjes par des Influences exotiques, et factices, jetées hors de leur sphère normale par des causes qu'il faudra examiner ailleurs, elles en sont où nous en étions , et trébuchent contre les pierres d'achoppement dont nous nous sommes relevés. Et cependant, que de symptômes rassurants et consolants en Espagne ! Rendue, par l'invasion de Napoléon, à la conscience de sa force et de sa dignité, dont un long et misérable despotisme avait pu la faire douter; puis, plongée comme nous l'avons été dans les sanglantes hor^ reurs de la révolution et de la guerre civile, elle a vu le catholicisme survivre à la spoliation de son Église, à la profanation et à l'incendie de ses couvents, au meurtre de ses moines. Les idées nouvelles en philosophie et en religion ne lui ont guère donné que des parodies, de pitoyables contrefaçons, dont le bruit n'a franchi les Pyrénées que pour

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