‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 63 sur 69 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

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Sait-on de qui Ton se rapproche le plus, par ces invectives et ces récriminatioiA contre le régime parlementaire? Du socialisme, ni plus ni moins. J*entends le socialisme théorique et littéraire. Ce socialisme, en effet, se montre au premier rang parmi les ennemis des institutions représentatives. U est ingrat, car ces institutions lui ont fourni les moyens de se produire au grand jour. H est vrai que le^rand jour, venu peut-être un peu plus vite qu*il ne Taurail voulu, ne lui a guère été favorable. Il est encore vrai qu'en plein moyen âge, les ancêtres du socialisme, ceux qu'il a découverts et dont il se targue, les Albigeois, les Vaudois, les wicléfitcs, et toutes les autres sectes de ce genre, avaient su également se faire jour ; car il n'y a pas d'institutions humaines qui puissent étouffer radicalement et à toujours les insurrections de Torgueil et de la cupidité.

Quoi quUl en soit, les écrivains socialistes usent de ce qu'on leur laisse de liberté pour immoler sans façon le gouvernement représentatif. Gela se conçoit : chaque f»is que le socialisme a voulu aborder la tribune, et cela dans les circonstan<*^

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les plus favorables, il a été battu, battu à plaies coutures, battu par M. Thiers, par M. Berryer, par M. Buffet, par M. Mortimer-Ternaux. On se rap|»elle les succès de fou rire obtenus par M. Louis Blanc et M. Pierre Leroux, et les quatre séances de nuit demandées par M. Considérant pour Texposilion de sa théorie.

Beaucoup de socialistes en ont conclu, non sans quelque raison, que le régime de la discussion leur était moins favorable que le régime de la force. Les uns se sont résignés silencieusement et sans peine; les autres applaucrfssent publiquement et tous les jours à la ruine de ce quUls appellent la petite liberté, en attendant la grande que Ta venir nous réserve. Js connais tel département, où le journal de la préfecture, notoirement fondé et rédigé par des fouriérisles, ne laisse guère passer de' Jour sans attaquer les anciens partis, dont aucun n*a voulu écouter les oracles harmoniens ; sans signaler les immenses avantages qu'offre le régime actuel sur le régime déchu, pour la cause du progrès humanitaire. Le récent écrit de M. Proudhon démontre que le socialisme ne lient nullement à la libre discussion, etqu^il compte bien plus volontiers sur un gouvernement qui ne discute pas, que sur un gouvernement qui discute. Il s'efforce de prouver que le 2 décembre n*esL qu'une étape du socialisme. Il calomnie, à coup sûr, les actes et les dispositions do chef de TÉtat ; mais, de ses calomnies comme de^es arguments, il ressort, avec la dernière évidence, que le despotisme lui parait beaucoup plus favorable, comme moyen, que la liberté, et beaucoup plus propre à accélérer le triomphe de son utopie. En

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