‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 65 sur 69 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

m radoueUsanl? Le suffrage uiriversel surtout, tel aue nous Tavons vu fonctionner, et malgré les service^Jfliprévus et éclatants qu*il a rendus à Tordre au Rioneni des plus grands périls ; le suffrage universel peut être regardé comme le plus grand danger de la liberté. G*est un mécanisme par lequel la foule, maltresse pour un jour, peut se rendre esclave pour des siècles, et rendre tout esclave comme eil«.

U serait insensé de méconnaître la valeur de ce mécanisme. On peut dire que le suffrage universel J«uera désormais en politique le même rôle que la poudre à canon dans Part de la guerre, ou la vapeur dans rinduslf ie. L'introduction de cette arme non. velle et formidable change toutes les conditions de la lutte. Elle met à la dispositiondu pouvoir, qui finira toujours par s*en emparer, une force jusqu'à présent inconnue. C'est un levier qui peut être manié par la main la moins habile et la moins scrupu* leuse, mais qui donne à celte main un ascendant irrésistible. C'est, en outre, un masque immense, derrière lequel toutes les servilités, toutes les bas^ sesses, toutes les défaillances peuvent chercher un abri commode et sûr. C'est une mer où vont se perdre toutes les combinaisons et toutes les régies de la politique ancienne, mais où le mensonge, le pré- Jugé, l'ignorance, peuvent aussi centupler leur énergie. La sagesse et la dignité humaines y sont toutes deux condamnées à de rudes épreuves. Talent, verlU) renommée , courage , intégrité , expérience, tous ces titres à l'ancienne popularité, toutes ces forces diversement énergiques, tout cela est noyé dans les flots du suffrage universel, comme le serait

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