N° III
Bacitrmii de» FraffmcBls htstoriqueB du prince liOuts-lVapoléon BouaiMirte) t. II. p. fl9,.
... Kn traçant les principaux faits des révolutions dWogleterre, on éprouve au premier abord une répugnance naturelle, quand on est né catholique, à traiter avec mépris les hommes qui soutinrent cette religion dans la Grande-Bretagne ; mais, en examinant les choses de plus près, on voit qu*il est juste d*en vouloir à ces hommes qui, par un zèle aveugle et par une conduite inconsidérée, compromirent et dépopularisèrent, en Angleterre, la vraie doctrine du Christ, en en faisant une question de parti et une arme de leurs passions. Leur conduite doit être fié- , trie ; car jamais la religion catholique ne s*élait trouvée dans une situation aussi favorable qu*en Angleterre, pour dominer par la pureté de ses principes et rinfluence de sa morale. Persécutée par le pouvoir royal (?), elle devait suivre Texemple de Taristocratie, et se venger de son oppression en se mettant ù la tète des libertés nationales. Sa position était admirable pour agir ainsi ; car elle était indépendante du pouvoir temporel, ne reconnaissant pour chef que le chef de PËgiise universelle, tandis que les anglicans ne tenaient plus leurs droits et leurs pouvoirs que du droit et du pouvoir du chef de l*Ëtat : mais, aveuglé par des intérêts mondains, le clergé catholique se perdit en s^alliant aux oppresseurs du peuple, au lieu de s^allier aux oppr '*'^'
202 DES IXTÉrAtS CATHOLIQUES.
Tout esprit éclairé voyait si bien q>ie les Stuars perdaient la religion, que le pape Innocent xi (érooignait hautement son mécontentement de la conduilc imprudente de Jacques ii. et les cardinaux de Rome disaient en plaisantant a qu*il fallait excommunier Jacques ir, comme un homme qui allait perdre le peu de catholicisme qui restait en Angleterre. • Mais ce qui n'est pas moins remarquable, c*est que le prince d'Orange, chef de la ligue protestante, réunit en sa faveur, contre un souverain catholique, le pape, TEspagne etPempereur d'Allemagne, ce qui prouve qu'on s'allie toujours à une cause noblement et franchement défendue, tandis qu'on déserte même une cause amie, lorsqu'elle est conduite par la sottise et la lâcheté...