CIIAP. XII. - L'EGLISE CATHOLIQUE
a appris h reconnaître de loin l'esprit révolutionnaire et l'esprit antichrclien. Sa propre expérience Ta formée en même temps à la prudence et à la lutte.
JjQ mélange, la confusion, je devrais dire le chaos des idées et des passions les plus incohérentes et les plus contraires, ce fut là, en 1789, le danger suprême de nos pères, et c'est encore notre danger. Rien n'est plus incohérent que l'esprit de liberté et l'esprit de révolution, l'ardeur pour la justice et la soif de l'égalité, le respect de la dignité humaine et l'aversion de l'autorité. Ce sont pourtant là les dispositions que nous avons vues, que bien souvent encore nous voyons confondues et prises l'une pour l'autre. Méprise fatale qui compromet d'abord et bientôt souille la bonne cause, et qui nous jette bien loin du but vers lequel nous voulons et croyons marcher.
Ce qui est vrai dans l'ordre politique l'est aussi dans l'ordre spirituel; rien ne s'accorde moins que
le respect de la conscience et le mépris de la foi, la liberté religieuse et l'irréligion. Que de gens pourtant tiennent ces sentiments si incohérents pour naturellement unis et presque inséparables! Ici encore la confusion est également fréquente et funeste.
Sous rinfluence de ce chaos, des événements qu'il a amenés et des enseignements qu'elle en a reçus, rÉgli>'e catholique de France a vu naître. et se développer dans son sein des dispositions trèsdiverses qui s'y manifestent chaque fois que de grandes circonstances l'appellent à agir.
La première et la plus générale de ces dispositions, c'est la soumission aux vicissitudes politiques et h ce qu'on appelle la force des choses. L'idée que la religion doit se tenir à part de la politique et poursuivre sa mission de morale et de salut des âmes, quels que soient les régimes et les dynasties, prévaut de plus en plus dans le clergé français. 11 l'a mise en pratique depuis soixante ans, quelquefois avec tristesse, mais convaincu qu'il