‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 120 sur 125 · CHAP. XXI. -LA CONFEDERATION · texte numérisé non relu

CHAP. XXI. -LA CONFEDERATION

qui n'ont point vécu sous un gouvernement unique, qui auraient regarde cette unité comme leur ruine et s'en seraient défendus avec passion. Qu'a été la Grèce sinon un assemblage de petits peuples indépendants quoique unis entre eux par la communauté de langue et de race, et, dans les grandes circonstances, par une sorte de lien fédéral? Et dans les temps modernes, les Cantons suisses, les Provinces Unies de Hollande, les États-Unis d'Amérique n'ont-ils pas, malgré de notables différences, offert le mémo caractère? Et à travers les orages de leur destinée, ces peuples n'ont-ils pas heureusement et glorieusement vécu sous le régime fédératif, à la fois unis et séparés, à divers degrés et sous diverses formes?

Les quatre confédérations que je viens de rappeler ont été mises précisément à la double épreuve que sul)it Tltalit^ : la Oèce, la Suisse, la Hollande, les Etats-Unis d'Amérique ont eu h défendre ou à conquérir, au dehors leur indépendance, au dedans

leur liberté. Ont-elles failli à cette rude tâche? N'ontelles pas su devenir et rester des nations, des nations indépendantes et libres, sans recourir à la complète unité de gouvernement?

Sans doute le régime fédératif a ses difficultés et ses mauvaises chances; quel régime n'a pas les vsiennes? Mais l'histoire ancienne et moderne est là pour prouver qu'entre des peuples de même race et de même langue, la confédération, c'est-à-dire l'union sans unité, peut fort bien être le régime le plus naturel et le plus efficace, dans l'intérêt de l'indépendance et de la liberté.

Les Italiens ont raison de se récrier quand on dit que ce mot, V Italie, n'est qu'une dénomination géographique. J'ai plus d'une fois contesté au prince de Metternich cette idée dont il se servait, avec une complaisance d'inventeur, au profit de la politique autrichienne. Quand des millions d'hommes ont porté pendant des siècles le même nom, parlé le même langage, regardé les mêmes grands hommes

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coninio leurs pères et les niOmcs chefs-d'œuvre de Tesprit comme leur gloire commune, on est mal venu à leur refuser leur parente intime et leur titre de nation. Mais c'est aussi, de leur part, une grande erreur, et ce peut être une erreur fatale, de prétendre que leur parenté les appelle tous au même régime, et de ne se croire une nation que s'ils vivent tous sous un seul et même gouvernement. Non-seulement la confédération est en Italie un régime possible et naturel , mais ce régime a, de nos jours, pour les Italiens, bien moins de difficultés et de bien meilleures chances qu'à toute autre époque de leur histoire.

Le principal obstacle h l'établissement et au succès durable d'une contédération italienne était jadis Texcessif morcellement de l'Italie et le grand nombrc d'Etats indépendants, la plupart très-petits, que le lien fédéral devait unir. Entre des éléments si nombreux et si inégaux, l'entente était très-difficile cl l'intrigue dissolvante très-facile. Les dissensions

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intcstiucs et lesnicnces étrangères venaient, à chaque initiant, faire échouer les plans ou rompre les engagements d'union. Rien de semblable n'esta redouter aujourd'hui; déjà fort réduit depuis le moyen âge, le nombre des États italiens le sera certainement plus encore sous l'influence des événements qui agitent l'Italie; il y a des défaites, des faiblesses, des morts que la politique la plus conservatrice ne peut pas ne pas admettre. La confédération italienne ne se composerait désormais que d'un petit nombre d'États, tous assez pareils en force pour conserver leur indépendance au sein de leur union, et tous assez grands, tous placés assez haut dans la sphère politique pour comprendre et accepter les nécessités du lien qui les unirait.

Telles sont d'ailleurs la configuration géographique de l'Italie et sa situation en Em^ope qu'elle est naturellement appelée et comme vouée à la politique défensive. La destinée des nations et des lieux est pleine d'étranges contrastes : dans les temps an--

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