‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 13 sur 125 · CHAPITRE J · texte numérisé non relu

CHAPITRE J

£t pour que TAngieterre ue soit pas humiliée par celle victoire d'une race étrangère et conquise. Dieu permet qu'il se développe au sein même du clergé anglican un mouvement im* prévu et prodigieux vers la tradition, vers Fautorité, vers l'unité romaine. La foi du grand Alfred, de saint Anselme et de saint Thomas de Cantorbéry reprend ses«droils dans l'âme de ses fils repentants. Après une longue et vaine lutte^ inspirée par l'espoir insensé de trouver un moyen terme entre la vérité et l'erreur, entre l'uniié et la division, l'élile du clergé anglican se détache, et sacrifiant bénéfices, richesses, amitiés, famille, vient recruter la milice légitime du sanctuaire ou édifier le monde par l'humble ferveur de ses vertus laïques. Nous n'avons jamais partagé les rêves dangereux de ceux qui ont prédit avec une assurance risible la conversion totale et immédiate de l'Angleterre; nous partageons encore moins les fureurs de ceux qui voudraient réchauffer des antipathies surannées contre une nation si essentielle à la destinée du catholicisme dans le monde entier. Mais nous saluons avec bonheur les conquêtes graduelles de la vérité sur ce sol dont elle avait été si longtemps bannie ; ces églises, ces couvents, ces écoles surtout, qui, à l'ombre de la liberté d'enseignement la plus complète, surgissent chaque jour à côté des vieilles cathédrales et des vieilles universités fondées par le catholicisme, et dont le catholicisme est exclus; ces douze évéchés qui subviennent à peine aux besoins spirituels d'un royaume où, il y a cent

ans, un seul vicaire apostolique suffisait h une poignée de fidèles epars et caches. Ce sont là le» gages d'une renaissance graduelle et assurée. Le retour de l'Angleterre au catholicisme ne dépend plus, comme sous Jacques TI, de la volonté d'un souverain, d'une intrigue de cour et de cabinet: il est placé, avec la liberté elle-même, sous la sauvegarde de cette constitution vraiment glorieuse, fondée d'abord par les catholiques, puis sanctionnée à leurs dépens, en 1688, mais devenue aujourd'hui leur bouclier et leur sauvegarde.

Ah ! certes, le fanatisme de l'hérésie ne se laissera pas vaincre en un jour : les préjugés vulgaires, les appréhensions des hommes d'État, la haine perfide des légistes (presque partout ennemis de l'Eglise), préparent encore des embûches et des luttes à la patience et au courage des catholiques anglais. Ils auront plus d'une avanie à subir, plus d'une amende h payer, plus d'une campagne à endurer, comme celle du bill contre les titres ecclésiastiques. Mais rien de tout cela n'aboutira, pas plus que ce bill n'a abouti, à créer un obstacle sérieux. Rien de tout cela ne changera le fond des choses. Rien n'affaiblira la force incomparable que la cause catholique puise dans la publicité, dans l'équité, dans la discussion, dans l'ensemble des mœurs politiques et des institutions libérales de l'Angleterre. Déjà, dans les deux chambres, les hommes d'État les plus émînents, les dépositaires des grands principes politiques de sir Robert Peel, ont généreusement maintenu, au prix de leur popularité du moment les

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