CHAPITRE III
lie MitlMllelMMe a «eal profité émm die I» ••clëlé HM^enie.
Encore une fois, on voudra bien croire que je ne cède pas aux suggestions d'un optimisme qui n'a jamais été mon défaut. A Dieu ne plaise qu'on me soupçonne de vouloir endormir les catholiques dans une satisfaction béale, dans une sécurité aveugle! Je le répète, tout ce que nous avons gagné en si peu de temps peut nous être enlevé bien plus rapidement encore; et j'ajoute que tout nous sera certainement enlevé, si nous ne redoublons tous de courage, de vigilance et de dévouement! C'est précisément pour essayer de parer aux dangers de l'avenir que j'écris; mais avant de parler de cet avenir, j'ai du constater et définir le bien actuel. Je suis à mille lieues de prétendre que la victoire de l'Église soit définitive, ou sans mélange de beaucoup de mal. D'abord l'Église ici -bas est militante; elle n'est pas triomphante. Pour elle la lutte dure toujours, le danger est toujours présent, la victoire n'est jamais que provisoire. Certes, si je le voulais, il me serait facile de signaler bien des points vulnérables, bien des plaies cachées ou patentes; de
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déplorer Ici la mollesse et Tindolence des catholiques, là leur avarice ou leur indiscipHue, ailleurs la complicité d'un trop grand nombre avec les pires ennemis du bien. Ces misères se voient aujourd'hui, comme elles se sont toujours vues, comme elles se verront toujours. Mais ce qu'on n'a pas vu , du moins depuis deux siècles , c'est un mouvement de régénération et de rajeunissement comme celui que nous venons de résumer.
Il faut d^ailleurs le remarquer : dans les luttes entre diverses puissances, on ne peut mesurer l'étendue de la victoire que par le degré de la chute des adversaires ou des rivaux de la puissance qui triomphe. Si votre ennemi n'a succombé qu'après une lutte glorieuse et longtemps disputée, si dans sa défense il conserve l'honneur et la conscience de sa force, vous pouvez contracter avec lui une paix honorable; vous seriez insensé de fonder une confiance illimitée sur sa faiblesse. Mais je prie qu'on veuille bien me dire où en sont les puissances ennemies, ou simplement rivales de l'iiiglise. Après les luttes qui ont rempli l'histoire du monde pendant soixante ans, de toutes les forces qui étaient debout en 1789, quelles sont celles qui se trouvent avoir gagné quelque chose à l'heure où nous sommes? Il y en a deux : la révolution et l'Église. Mais en dehors d'elles, point. Serait-ce par hasard le protestantisme ? Non. La philosophie? Non. Le pouvoir temporel? Non. Le libéralisme? Non, mille fois non.
Le protestantisme, tombé au rang de simple négation, n'est plus guère pris au sérieux par per-
sonne. Comme institution, il a laissé réduire an rang d'une section de l'administration civile ses églises ofïicielles, docilement enchaînées dans l'antichambre de TÈlaty soumises à la surveillance^ à la direction et à rinterprélalion dogmatique des laïques. Cotnhie théologie, il a vu son orthodoxie p&lir graduellement devant les doctrines vagues ou perverses qui ont envahi toutes &eé (itil- \ersi(és ei toutesa polémique. Eh Allémd^tie, iïêtik savons déjà s6it irréparable décadence, et nous ajoutons que la Bible, que Luther se vantait d^âvoit* découverte, est rejetée comme un tissu d'itnpostures ou de mythes psfr beaucoup de ceut qui se portent pour les héritiers directs de Luther et qui remplissent les chaires des églises réformées. En Amérique, comme en Angleterre, là vie s'est retirée de cette fraction du protestantisme qui se qualifie d'orthodoxe, et qui a conservé Une ombre d'oi^anisation hiérarchique, pour se réfugier dans les âectes dissidentes, chez les advertôires déclarés de toute discipline et même de toute révélation. Comme en Allemagne, la doctrine de la réforme ne sert plus que de point de départ au rationalisme et à la démocratie. A Dieu ne plaise que je blesse aucune conscience honnête ! Je connais des protestants dont les illusions ne me font pas méconnaitre les vertuà ; je sais qu'il reste çà et là une poignée d'hommes honnêtes et pieux à qui ne manque pas la bonne volonté de combattre les conséquences de leur principe : leurs efforts contre l'ennemi commun ne seraient pas dédaignés par l'Église^ mais