CHAPITRE U
a goes de les combattre '. d En France, comme dans presque tous les pays catholiques, le clergé a confondu les ennemis de l'Église, par ses vertus d'abord, par sa ferveur , son zèle, la régularité exemplaire de ses mœurs ; puis par ses travaux intellectuels et scientifiques qui, à coup sûr 9 ne sont inférieurs à ceux d'aucun autre corps ou corporation parmi nous. Les laïques mêmes ont pu , sans sortir des limites que la prudence et le devoir leur assignent, rivaliser avec le clergé dans l'œuvi^e réparatrice. Tous ensemble, avec un zèle et une ardeur dont il y a peu d'exemples dans l'histoire, ont travaillé à cette restauration de la vérité historique, philosophique et sociale, dont le comte de Maistre avait donné le signal au commencement de ce siècle, et dont les progrès sont aujourd'hui si visibles. Chaque jour nous ramèneà une appréciation plus vraie de ces grands siècles catholiques où l'Église était tout; où, grâce à elle, la théorie du despotisme était inconnue, la liberté rendue sainte et durable ; où par elle les monarques étaient contenus, les peuples protégés, l'autorité maintenue, l'art, la poésie, la beauté consacrés sous toutes leurs formes au culte de la vérité; où la société, malgré l'inévitable alliage des infirmités humaines, portait et méritait le beau nom de chrétienté; de ces grands siècles, (]ui pourtant, grâce au plus inconcevable égarement, ont été pendant si long temps oubliés ou insultés par la plupart des écrivains religieux.
I Mémoire pi'ésenté au clergé assemblé à Paris, en 1785 , par Tarchevéque d'Arles, massacré aux Carmes» en 179a.
Certes y il ne s'agit pas de ressusciter le moyen âge : on le sait bien, et ceux qui nous opposent cette niaise appréhension le savent mieux que personne. Cela serait aussi impossible que de refaire V Iliade^ et aussi inutile que de recommencer le siège de Troie. Mais ce qui est possible ^ mais ce qui est utile y mais ce qui se fait et se fera de plus en plus, c'est de ressusciter les sentiments de justice, d'admiration et d'amour que méritent les grands hommes et les grands saints que le catholicisme avait inspirés ; les grandes institutions que le catholicisme avait imprégnées de son esprit; les incomparables monuments que le catholicisme a (ait jaillir du sol de l'Europe ; c'est de puiser dans cette étude du passé la force nécessaire pour tenir tête aux adversaires présents et futurs de l'Église, avec la résolution d'élever et de maintenir le niveau des courages catholiques à la hauteur du cœur de nos pères. Voilà , qu'on le sache bien, ce que nous voulons ressusciter, et rien de plus, parce que cela suffît à tout!
Déjà que de résultats inespérés, que de réhabilitations précieuses dans le domaine de l'histoire, où les Allemands et les protestants nous avaient devancés, mais où nos prêtres et nos jeunes savants s'élancent chaque jour à la suite des Hurler, des Dôllinger, des Gfrôrer! Le patrimoine de la vérité historique est déjà plus qu'à moitié reconquis. Nul ne rougit plus des saints, des docteurs, des papes du moyen âge. L'hisloire-mensonge,rhistoire-parodie, l'histoire-déclamation, à la façon des Voltaire, des Dulaure et des Schiller,
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qui ont fait l'éducatioiide nos pères, serait à peine tolérée aujourd'hui dans un feuilleton.
L'art a suivi l'impulsion donnée par l'histoire, et l'a même dépassée. Toute une génération de jeunes archéologues, sortis des rangs du clergé comme de ceux des artistes, est descendue dans la lice pour arracher les sanctuaires de la foi au vandalisme, pour les sauver, les restaurer, en pénétrer les plusi^secrètes beautés. Bien plus, le sol se couvre partout de nouvelles églises construites sur le modèle des édifices consacrés par la piété catholique du xi*^ au xiv^ siècle : les règles et les produits de l'art chrétien sont étudiés avec le soin le plus scrupuleux et le plus attentif. Ce que le siècle dernier consacrait d'enthousiasme et de sollicitude aux débris de la corruption païenne déterrés à Pompéi et à Herculanum, nous le consacrons aux merveilles de la foi du moyen âge, ensevelies sous la lave dévastatrice du paganisme moderne. La renaissance de l'art chrétien triomphe en Angleterre, où cinquante églises ogivales conserveront à la postérité l'empreinte de la féconde imagination du regrettable Pugin. Elle gagne chaque jour, en France, le terrain qu'envahit la pei*sévérante activité de M. de Caumont et de M. Didron. En Allemagne, grâce au pieux génie d'Overbeck et de ses disciples, elle enfante une école de peinture, dont les œuvres rivaliseront avec les plus suaves produits du pinceau de Fra Angelico et de Pérugin. Elle commence même à étendre son influence jusque sur le sol, encore rebelle, de l'Espagne et de l'Italie.
on
F^ liturgie, source des plus pures inspirations de Tari, trésor inexploré de la plus liante poésie, et avant tout aliment inépuisable de la piété orthodoxe, échappe, par un secours inespéré , au danger dont la menaçait l'esprit d'innovation et de localité. Dans la voie ouverte par les travaux d'un savant religieux ', dont les services iront accroître aux yeux de la postérité la gloire de l'ordre bénécfictin, nos plus illustres évéques ont porté tout le poids de leur autorité et de leur exemple; les conciles provî cîaux se prononcent l'un après l'autre; et 1' peut déjà entrevoir l'époque où deux ou trois diocèses à peine conserveront en France la trace de l'étrange aberration du xvin* siècle, et prolesteront contre cette unité de la prière, qui confirme si majestueusement, au sein de l'Église catholique, l'unité de la doctrine.
Tout ce qui profite en France à la vie religieuse lui profile dans l'Europe entière: car, il importe de le constater, tout ce qui se remue, tout ce qui combat, tout ce qui souffre aujourd'hui sur un point de l'univers catholique, éveille a l'instant et partout d'activés sympathies. Cette merveilleuse identité de goûts, de luttes, de volontés, d'institutions, qui régnait au moyen âge, malgré la lenteur et 1 immense difficulté des communications, se reproduit dans notre siècle à la faveur des voies rapides que la science et l'industrie moderne ont ouvertes, sans le savoir, à la force exi^ansive du
« Dom Guéranger, abbé de Solesmes.
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bien. Pas une injure n*esl infligée a TÉglise, dans un coin quelconque du globe, qui ne retentisse ausSîtôt au cœur de tous les catholiques. Pas une plaie ne se déclare qui ne soit aussitôt pansée par une tendre et fraternelle sympathie. Ce n*est plus, comme autrefois, la voix solitaire du pontife romain qui déplore, dans le silence du Vatican, les maux de réponse du Christ : sa plainte, toujours toute-puissante devant Dieu, est aujourd'hui répétée, fortifiée, quelquefois devancée au tribunal de Topinion humaine par rénei^que écho de la presse catholique dans les deux mondes.
Mais que serait-ce encore que tous ces triomphes, tous ces progrès dans l'ordre intellectuel, dans Fart, dans l'histoire , si la vie intérieure des peuples catholiques n'était pas renouvelée, si la foi, la charité, la piété ne pouvaient à leur tour énumérer leurs pacifiques et bienfaisantes victoires? Ah! c'est ici que j'invoque avec confiance le témoignage de ceux qui ont seuls mission de parler et de juger en cette matière! Que les pasteurs de tout ordre nous disent s'il n'est pas vrai que, depuis vingt ans, le progrès spirituel est incontestable, surtout dans la jeunesse, et dans la jeunesse instruite, dans ces classes aisées et éclairées qui fournissaient avec une impitoyable régularité autrefois à l'incrédulité un recrutement assuré. Sans doute, le mal est encore immense; les victimes d'une éducation publique insuffisamment épurée sont encore trop nombreuses; mais, à côté de ces pertes lamentables, que de couso-
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latîoDs naguère inconnues! N'est-ce pas ici qu^il faut énumërer ces grandes associations destinées uniquement, loin des luttes et des préoccupations de la vie publique, à propager la simple et sévère pratique des devoirs chrétiens, et qui sont nées de nos jours, au milieu de nos découragements et de nos appréhensions? Cette société de Saint- Vincent de Paul, que nous avons vue naître, en 18349 dans une chambre du pays latin ^ qui a tipnsformé tant de milliers d'étudiants en tuteurs vigilants, en frères servants des pauvres, et qui compte aujourd'hui huit cent quatre-vingt-trois conférences^ dont cinq cents en France, cent seize en Allemagne, et le reste dans les cinq parties du monde. Puis sa rivale, encore plus jeune, l'archiconfrérie du Saint-Cœur de Marie pour la convei*sion des pécheurs, enfantée, en 1837, par un simple prêtre, dans la paroisse la plus abandonnée, la plus décriée de Paris, et dont les annales constatent par milliers les paroisses, les congrégations, les communautés agrégées à cet humble autel de Notre-Dame des Victoires, qui fleurit enti-e la Bourse et la Banque '. Puis encore cette œuvre majestueuse de la Propagation de la foi y créée par une pauvre fille déjà oubliée, dans un faubourg de Lyon, et devenue en quelque sorte une des grandes institutions de l'Église universelle; cette œuvre dont une prière quotidienne est le seul lien, et dont le budget, recueilli sou par sou, et semaine par semaine, dans l'épargne du pauvre,
à s tét dernier résumé en compte dix mille guatn-vingt'irois.
Âubviétit II l^éduôailod ^ Auk voyagea, à la «ubsis^ iànce de tant de missionnaires; alimente les cattio« liques opprimés de la Scandinavie et de l'Orient, comme les chrétientés naissantes de l'Or^on et de l'Australie; donne du pain aux martyrs du Tong* kinget de la Polynésie, jusqu'au jour où ils montent au ciel, et sufHt pour rejeter dans l'ombre tout l'immense eflbrt de ces sociétés bibliques qui savent bien prélever de l'or par millions, mais qui n'ont jamais su enfanter un martyr.
Je passe sous silence nos associations vouées à l'enseignement avec leurs conquêtes récentes et chaque jour croissantes : j'aime mieux renvoyer au témoignage éclatant que leur rendait, il y a si peu de temps, une voix éloquente et non suspecte, celle de M. Guizot, en éuumérant devant son auditoire étonné les travaux, les progrès et les fondations des Frères de la doctrine chrétienne et de leurs émules des deux sexes '•
Mais à côté de ces grandes œuvres, qui sont la gloire de la France et le patrimoine du monde chrétien, que d'autres œuvres moins vastes, que d'autres associations moins nombreuses, mais qui sont la bénédiction spéciale de notre pays, l'honneur de notre temps, l'espoir, l'unique espoir de notre avenir. L'œuvre de Saint-François-Régis, pour la légitimation des unions illicites^ l'œuvre de Saint- François-Xavier, pour l'instruction des ouvriers; la Société d'économie charitable ; l'œuvre de Saint- Maurice, pour les soldats; les œuvres des prisou-
> JMscoHré à t Oratoire, en mai i85a.
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niers^ des apprentis , des colonies pénitenliaires, etc. Et où se recrutent toutes ces pieuses confraternités? N'est-ce pas surtout parmi cette jeunesse dont Taffluence rend quelquefois nos églises trop étroites, et dont les rangs serrés autour de la chaire des Lacordaire et des Ravignan ont tant de fois déjà consolé le cœur de leur pasteur et déconcerté le regard du scepticisme. Vienne maintenant le temps des épreuves et des luttes; vienne la persécution , s'il le faut : FÉglise sait où se trouvera son armée! Elle est là, dans ces jeunes hommes, dont les aînés montent chaque jour dans l'assemblée des hommes, et qui chaque jour aussi ouvrent leurs rangs à de nouvelles recrues habituées aux luttes et aux sacrifices ; qui ont déjà goûté les joies austères du devoir, delà prière, de la pénitence; qui savent d'où leur viendront toujours la force, la lumière, le courage, l'espérance ; soldats aguerris à vingt-cinq ans par le mépris des préjugés, par la défaite de leurs passions, et pour avoir vaincu, en bataille rangée, le plus formidable des ennemis, le respect humain.
Oui, ils sont passés pour toujours ces temps où le respect humain régnait sans contestation, nonseulement sur la place publique et dans les salons, mais jusqu'au sein des familles ; où les femmes, les mères chrétiennes osaient à peine réclamer pour elles-mêmes une timide liberté, et remettaient au lit de mort ou à la lecture de leur testament le soin de rappeler un père, un époux, un fils, à la pensée de Dieu et d'une autre vie. Un tel état de choses peut encore exister dans certains
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intérieurs, dans cer^^inas classes, où les yeux n'ont pas encore .ét^ dessinés ; mais j'aQirnie que, dans une foule de faqailleSy c'est un état de choses qui n'est connu que par la tradition. Demandez à nos mères et à nos grand'-mères comment les choses se passaient de leur temps, et vous les verrez s'éineryeiller de la simplicité, de I9 facilité avec laqu$Ue leurs epfants confessent et pratiquent la ^9ififf*4^ ont sucée avec le lait, et que )eurs pères oubliaient comme lui.
Oui, voilà I9 révolution, )a vraie, la bonne révolution qui s'est accomplie de nos jours, la seule qui convienne ^ clés chrétiens, la révolution de nos cœurs! J'ose dire que depuis deux cents ans, depuis la grande rénovation catholique de la France dans la première ippitié du xvii^ siècle, , il n'y a point eu de spect^de p]if$ consolant et plus merveilleux.
Et comme pour combler la mesure des grâces que Dieu nous a accordées, pour imprimer à la victoire un cachet incontestable, pour confondre l'oi^eil et la sagesse humaine, on a vu reparaître ces ordres religieux, ces moines qui étaient l'objet spéciaj de la haine et des mépris du monde rationaliste. Les voilà qui sortent un à un de l'abfme où l'on croyait les avoir précipités pour toujours; qui marchent avec une modeste confiance à la conquête des âmes ; qui , n'ayant que la pauvreté pour arme et pour refuge, luttent contre tous les obstacles et toutes les tentations de la civilisation. Les voilà! non-seulement ces jésuites, dont la ruine, opérée par le criminel aveuglement des
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rois y a été partout Tavant-coureur de la chu(« des iràneSf et qui partout répondent à leurs détracteurs par des prodiges de zèle, de patience et de charité ' ; mais encore les bénédictins, humblement courbés sur rinefTaçable sillon que leur ordre a tracé dans toutes les sciences et toutes les gloires; mais les fils de saint Bernard, plus nombreux et plus austères dans leurs Trappes qu'on ne les avait vus au temps de Rancé; mais les dominicains, régénérés par un homme qui est un saint religieux avant d'être un admirable orateur; mais jusqu'aux capucins, dont le froc, si longtemps méprisé, excite encore plus de sympathie que de surprise. Les voilà! nonseulement à Rome ou en France, mais dans les cités enfumées de l'industrie anglaise; dans les landes de la Wesiphalie, où ils confondent les prédictions des novateurs; en Algérie, où ils attirent le respect des Arabes ; sur les rives des grands fleuves de l'Amérique, où ils défrichent les bois et les cœurs, comme autrefois les fils de *saint Benoit aux bords du Danube et du Rhin. Les voilà au bagne, où ils convertissent les forçats; dans les champs et les forêts, où leurs labeurs dépassent ceux du plus rabuste prolétaire; dans
K Us éuieat k petoe deux cents dans tout Tanivers eo i8os ; aujounThoî je ne crois pas me tromper en portant leur nombre à plus de quatre mille. Au miliea des persécutions qui, de 1840 à 1 85o, ont éclaté contre eux dans presque tous les pays de rEorope» vtiie milice d*éUte n*a pas eu à déplorer une seule «léfection. Le nombre de ses novices s*est partout accru en proportion de U rage de ses ennemis.
la chaire, où quelques-uns égalent Féloquence des plus célèbres orateurs; dans le confessionnal, où tous remuent les consciences, éclairent les esprits, consolent et pacifient les cœurs, et livrent à cet orgueil rationaliste, qu'une fausse science a fait descendre jusque dans les masses, une guerre permanente et victorieuse.
Et que serait-ce si je pouvais passer ici en revue, à côté des ordres d'hommes renaissants, toute l'immense armée des congrégations de femmes! Elle a déjà repris possession du sol de la France, au nom de la prière et de la charité. Bravant tous les genres de mépris et d'obstacles, elle envoie de Paris, d'Angers, de Nancy, des essaims de jeunes et intrépides conquérantes jusqu'au Caire et jusqu'à Berlin, jusqu'en Chine et en Californie. Sur ces vaisseaux qui portent dans le pays de l'or des nuées d'hommes dévorés par la cupidité et dégoûtés de la vie régulière, voyez-vous ce groupe à part, tranquille, recueilli, patient et joyeux? C'est un missionnaire avec quelques sœurs de charité, qui vont à la recherche de quelques pauvres âmes , qu'il s'agit de dérober à la fièvre du gain et de préserver d'une ruine éternelle.
Partout cette race immortelle pullule, si j'ose m'exprimer ainsi, avec la même rapidité que les misères et les infirmités de l'homme. Embrassant dans sa vaste étreinte toutes les forces et toutes les faiblesses de la nature déchue et rachetée, elle est plus vieille que toutes les constitutions, plus neuve et plus féconde que toutes les utopies ; elle renou-
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velle, elle maintient, elle applique toutes les ressources qu'ont produites et le génie du moyen âge et la rassurante fécondité de la charité codtemporaine , depuis les nobles filles de sainte Scolastique et de sainte Claire, jusqu'à ces petites sœurs des patwres^ inventées par une ser*vante bretonne, à l'efîet de recueillir les délaissés de la charité régulière, et de se nourHr des restes, non de la fable des riches, mais de la desserte dès pauvres. Il y a cinquante ans , pas une seule religieuse ne se montrait sur le sol de la France; aujourd'hui, on voit apparaître leur cornette blanche, leur visage riant, leur regard pur et calme, dans chaque ville, dans chaque bourgade, à l'ombre de totis les clochers, sur le seuil de toutes les écoles, de tous les hospices, partout où il y a une larme à essuyer, uhe tiiisère à alléger, un mort à ensevelir, urt vivant à console^.
Vous avez vu une forêt abandonnée à la cognée du bôchèroiï : totit paraît mort, dévasté, stérile; les vieux chênes sont tombés, et leur feuillage desséché jonche le sol d'alentour; leurs grands bras dépouillés et dépecés;, leurs troncs mutilés gisent à terre : rien n'est épargné, et jusqu'aux jeilnes rejetons qui croissaient à l'ombre de leurs ancêtres semblent entraînés dans la ruine commune. Ef cependant, rien n'a péri! De ces cépées, que la hache a découronnées, la sève et la vie vont jaillir de nouveau. Tout renaît, tout repoussé, tout s'élève et reverdit de nouveau. Au bout de quelques années, vous repassez , vous retrouvez
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dVpais ombrages, une Wgéiaiion féconde, partout
la fratchetir, la jeunesse, la beaiitéeirimpérissable témoignage de la vitalité dont Dieu a dal<^ la nature!
Ainsi, et plus \ivace encore, renatt du sein décbiré tnâîs inépuisable de l'Église la race invincible des serviteurs et des servantes de Dieu.
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