CHAPITRE IV
Lrés par l'Iiisloire, notre époque est venue ajouter une preuve nouvelle et éclatante de cette énergique et féconde vitalité de l'Église, qui doit remplir ses enfants d'une inébranlable confîance, qui la fait sortir victorieuse de toutes les épreuveSy et survivre triomphalement aux empires et aux républiques, à tous les gouvernements et à toutes les révolutions.
Oui, sans doute : c'est là ce que doit reconnaître avec amour tout cœur chrétien. Mais le Dieu que saint Paul appelle si souvent le Dieu fidèle a quelquefois, dans les impénétrables mystères de sa sagesse, voilé sa toute-puissante protection. Il a permis que son Eglise connut ici-bas la servitude et Thumiliation; et il ne l'avait jamais laissée tomber si bas qu'au commencement de ce siècle. Aujourd'hui elle est debout^ affranchie, respectée, redoutée. Par quel moyen l'a-t-il ainsi relevée? De quel bras humain a-t-il daigné se servir pour briser ses liens? Qui a été l'instrument terrestre et visible de son invisible omnipotence?
Est-ce Napoléon? Non, certes, quoiqu'on affecte de le dire aujourd'hui, en oubliant ou en voilant à dessein la moitié de son règne. Après avoir rendu un servifte incomparable en rétablissant officiellement le culte, en relevant les autels, en traitant avec le pape comme s'il aidait deux cent mille hommes % quand le vertige de la toute-
* Ce fut, comme oq sait, les instructions qu*îl donna à Cacault, ministre à Rome.
puissance l'eut pris, ce successeur de Chailemagne se fil le copiste de Philippe le Bel. Non content de rétablir toutes les anciennes servitudes de rÉglise en France; non content de mettre la main sur le patrimoine de saint Pierre, il fit prendre au collet Tauguste et doux vieillard qui était venu le sacrer empereur, et, le traînant d'étape en étape, de prison en prison, il entreprît contre sa victime une lutte impie où il fut vaincu, tout en gardant dans les fers jusqu'au jour de sa chute le vicaire de Jésus-Christ.
Est-ce la réaction monarchique de i8i4? Estce notamment la restauration en France? Non encore. Et ici. Dieu me préserve de vouloir méconnaître les services rendus par la maison de Bourbon à la France et à la liberté , h cette liberté dont la destinée semble plus que jamais identifiée avec celle de cette auguste race! Dieu me garde d'élever une ombre de récrimination contre un gouvernement qui a si noblement et si péniblement vécu entre les aveugles exigences des ultraroyalistes, et l'odieuse ingratitude du partilibéral. Dieu me garde surtout de révoquer en doute le zèle sincère et fervent des princes de cette illustre maison pour la foi de saint Louis. Mais je ne constate qu'un fait en rappelant qu'après'quinze ans passés sous des rois dont le dévouement à l'Église était incontestable, la religion, bien loin d'avoir gagnédu terrain, était tombée dansleplusafHigeant discrédit et avait perdu presque toute influence sur le peuple comme sur la bourgeoisie. Certes je n'en conclus pas que des rois impies ou simplement