CHAPITRE lY
indiiTërents valent mieux pour TEglise et la vérilë Cfue.des rois chrétiens: je dis seulement, en consultant rexpérience, que, dans une société comme la nôtre, le dévouement des rois les plus chrétiens ioe suffit pas à Fœuvre de salut. J'en atteste les souvenirs de tous ceux qui, comme moi, terminaient leur éducation vers cette époque. Combien étions-nous de jeunes chrétiens, même dans les collèges les mieux famés? A peine un sur vingt. Quand nous entrions alors dans une église, est-ce que la rencontre d'un de ces jeunes gens des écoles, d*uQ de ces hommes du peuple qui aujourd'hui remplissent nos temples, ne produisait pas presque autant de surprise et de curiosité que la visite d'un voyageur chrétien dans une mosquée d'Orient? Encore une fois, je ne justifie rien ;je ne cherche pas même à rien expliquer : je raconte. Je ne me laisse pas aller à la tentation de signaler les coupables complots et les mécomptes amers de ceux qui, par leurs écrits et leur con* duite, avaient travaillé avec un si cruel acharne* ment à dévaster ainsi l'âme de la France. Si l'on en avait le loisir et le courage, il serait assez piquant, ce me semble, d'en référer aux vieux libéraux de ce temps-là, s'il en reste, pour savoir d'eux jusqu'à quel point ils ont à se féliciter du résultat politique et social de cette guerre faite à la monarchie et à la religion, à l'aide du chantre de IMeUe et de Frétillon, du Pelil Chapeau et du Vieux Dtvpeau. Mais je me borne à enregistrer un souvenir douloureux et ineffaçable : au sortir
de la restauration, TÉglise était en France au
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ban de Topinion et de la popularité , et peu s'en fallut qu'elle ne fût entraînée, comme en 179^9 dans la chute de la royauté.
Que Ton compare sa situation en i83o avec celle qu'elle a prise sans eflbrt en 1848, au sortir d'un règne auquel elle avait été presque toujours condamnée à résister; qu'on la compare avec celle qu'elle a gardée en i85 1, après quatre années de luttes continuelles contre les périls de l'anarchie.
Ce n'est donc ni l'empire, ni la restauration; ce n'est ni la protection, ni la sympathie du pouvoir qui lui ont valu la force qu'elle possède aujourd'hui, le mieux relatif que chacun ressent, le progrès manifeste qui chaque jour se révèle.
Qu'est-ce donc? Il faut le dire : c'est la liberté, rien que la liberté, et la lutte rendue possible par la liberté.
La même cause a produit partout le même effet. Il suffit de citer l'Angleterre et O'Connell, la Belgique et sa constitution, la Hollande et TÂlleroagne tout entière; en un mot, tous les pays que nous passions tout à l'heure en revue.
Je ne veux marcher qu'avec des précautions extrêmes; je me mets en garde contre ce paralogisme signalé par l'école : Curn hoc, ergo propter hoc. Je ne veux m'arroger aucun droit contestable. Je parle dans l'ordre des choses permises: je ne pose aucun principe; je ne promulgue aucune doctrine; je ne constate que des faits, et j'en tire des conséquences purement pratiques. Je ne consulte que l'expérience; je fais de l'empirisme, mais de l'empirisme de croyant, en regard de cet em-