CHAPITRE I
chiens ocëupaîént les lëgcilions ; les Napolitams étaient maîtres de la ville de Rorae. Ce he fut pas sans peine que les uns et les autres restituèrent à Pie Vil les Etats que Napoléon allait bientôt lui arracher de nouveau.
Dans le royaume de Clovis et de saint Louis^ voici quel était l'état de la religion catholique :
L'épiscopat tout entier dans l'exil; le clergé décimé par ta guillotine et la déportation; les fidèlies traqués et harcelés , longtemps condamnés à choisir entre l'apostasie apparente ou la mort, commençant à peiné à respirer, à jouir en silence de la tolérance du mépris.
Aucune ressource matérielle ni morale; le vaste pahîmoine de l'Eglise, formé par l'amour et le libre don de quaranlegénéralions, réduit en poussière ; les ordres religieux , après mille ans de gloire et de bienfaits, gisant déracinés et anéantis; trois mille monastères des deux sexes abolis, et îivec eux tous les collèges, tous les chapitres, tous les sanctuaires, tous les asiles de la pénitence, de la retraite, de l'étude, de la prière!
La France, souillée par dix ans de révolution, venait de se donner un maître en la personne d'un jeune vainqueur qui l'avait délivrée en même temps de la licence et de la liberté, qui savait tout, pouvait tout, et voulait tout % qui en Italie avait imposé au saint*siége le cruel traité de Tolentino , qui en Egypte avait caressé l'isla-
r^ueitlit de la bouche du cardinal Consalvî, alors secrétaire du conclave.
* Sieyès.
4 DES INTléRirITS CATHOLIQUES.
mismeyetqui n'était encore connu de l'Eglise, qu'il allait si glorieusement relever, que pour l'avoir trompée et dépouillée *.
La pei*sécution à peine éteinte avait fait place à la victoire incontestée du mal. La législation, l'éducation, les mœurs, étaient en proie à la pratique de toutes les théories du xviii^ siècle. La famille se décomposait sous l'action du divorce. Dieu avait été chassé de partout. Pour avoir prononcé son nom. Bernardin de Saint-Pierre était insulté en pleine Académie. Voltaire eût semblé trop réservé, et Rousseau trop mystique, au sein de cette société qui ne se dérobait aux préoccupations de la guerre et à rinfaillibilité des mathématiques que pour se délecter avec Parny et Pigault-Lebrun.
L'Angleterre, détournée du torrent révolution naire par l'éloquence de Burke et le génie de Pilt, contemplait d'un œil étonné les vertus et le courage de ces évéques et de ces prêtres catholiques que la proscription avait jetés par milliers
« Bonaparte écrivait de TolentinOy le 19 février 1797, à Pie VI : «La république française sera, à ce que j'espère, Tune des plus « fidèles alliées de Rome. » Et, quelques mois plus tard, Cacault, ministre de la république à Rome , écrivait à Bonaparte : « La levée « de trente millions que Rome s'engage à payer par le traité de « Tolentino , a épuisé tout ce qu'il restait de sang dans les veines « de ce vieux cadavre. JVous le faisons mourir à petit Jeu. Il tom- « bera de lui-même... » On sait que plus tard Cacault montra un dévouement intelligent aux intérêts religieux. Il disait de luimême : < Je suis un révolutionnaire corrigé. •• Aktavu, histoire de Pie Fil, p. aa.