CHAPITRE VU
tempérée de saial Louis et Fautocratie de Byzance. Le régime parlementaire a reçu au 1^4 février une blessure morlelle y dont le % décembre n'a été que la conséquence logique. Je croîs qu'avec plus de sagesse et de bonne volonté, on eût pu détourner la conséquence; mais, en partageant la responsabililé entre qui de droit, il ne faut pas la déplacer. La plus grande part de tous nos maux et de toutes nos humiliations doit encore et toujours retomber sur ceux qui ont amené et intronisé l'orgie de février.
Je conviens que, dans loute l'Europe, le rôle des assemblées improvisées en 1848 n'a pas été brillant. Il a été misérable en Italie, et assez ridicule en Allemagne, où ce bizarre mélange de démagogues, de pédagogues et de philologues qui ont siégé à Francfort, à Ërfurt et ailleurs, n'a pas fait honneur au génie germanique. Et cependant là même aucun catholique ne doit oublier qu'ils ont proclamé la liberté de l'Église et de l'enseignement. Je fais des réserves formelles en faveur des deux assemblées françaises. L'Assemblée constituante, malgré la constitution insensée qu'elle nous a donnée, et avant que l'élection du 10 décembre ne lui eût fait perdre la tête, avait énergiquement arrêté le socialisme et réagi contre les folies du gouvernement provisoire; elle a su d'ailleurs se retirer à temps et céder au mouvement de l'opinion. Moins bien inspirée sous ce dernier rapport que sa devancière, l'Assemblée législative n'en a pas moins acquis des titres à la i-econnaissance universelle. C'est elle
lao DES intiSrêts catholiques.
qui a maintenu à Texpedition de Rome son véritable caractère ; c'est elle qui a donné la liberté de l'enseignement, c'est elle qui a fait rentrer Tordre dans la législation et dans les habitudes du pays, jusqu'au jour où, égarée par l'imprévoyance de ses chefs, elle s'est perdue dans des divisions puériles, exploitées d'ailleurs contre elle avec une pernicieuse habileté.
Mais si ce pauvre système parlementaire n'est pas coupable du socialisme qui l'a tué , n'est-il pas au moins responsable de la révolution de 1848, et de la chute des trônes et des pouvoirs qui a signalé cette fatale année?
On n'oublie qu'une chose, c'est que la plupart des trônes entourés d'institutions représentatives sont restés debout, comme en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Bavière, en Espagne; c'est que la plupart des trônes qui sont tombés ou qui ont été menacés en 1848 n'avaient précisément rien de commun avec le système parlementaire. Prenons pour exemple l'Autriche. Assurément la chute du pouvoir à Vienne, en mars 1848, a été tout aussi honteuse et aussi complète que celle de la monarchie française en février; la société s'y est même relevée beaucoup moins vite qu'en France; et le meurtre atroce du général de Bréa a été dépassé en atrocité par le supplicedu comte de la Tour. Et cependant toutdans ce vaste empire était dirigé dans un sens absolument contraire aux idées parlementaires, constitutionnelles ou libérales; aucune liberté quelconque n'y était admise ou pratiquée : point de tribune, point de liberté de