‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 41 sur 125 · CHAPITRE VII. TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. TI

triciat politique dans les pays qui ont reçu des constitutions? Ce qui s'est fait en Angleterre pour la liberté y par l'aristocratie et avec son concours, a duré , témoin la grande charte et la révolution de 1688 : ce qui s'est fait sans elle ou contre elle a péri, témoin la république de 1649. ^^ V^^ "^ sait qu'à Rome la liberté n'a duré qu'autant que l'élément patricien a été prépondérant , et que le triomphe de la démocratiç , qui n'a pas duré cinquante ans, a été immédiatement suivi du despotisme impérial , qui a duré cinq siècles? J'appelle sur ce point les réflexions, et au besoin le repentir des lib(frauXy qui se sont toujours montrés si âpres à poursuivre les derniers vestiges de stabilité ou d'hérédité dans les lois et les mœurs de notre pays. Dieu me garde cependant de conclure que la liberté soit désormais impossible sur le continent, parce qu'on y a détruit l'aristocratie; je constate seulement qu'il y a là pour les gouvernements libres une source de difficultés et d'inconvénients redoutables.

J'explique ainsi une partie des défauts et des dangers du système parlementaire, bien loin de les nier. Je comprends la tristesse, le doute, l'indignation qu'ont dû inspirer le spectacle des tâtonnements, des morcellements, de l'indiscipline de ces assemblées, composées en très^rande majorité de gens honnêtes et intelligents, mais où manquait le lest des traditions et le poids des influences incontestées. On dit que les fautes de ces majorités , l'ambition et l'égoïsme de leurs chefs , méritaient une correction ; un châtiment, une ex-

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piation; qu'il est devenu nécessaire de substituer pour un temps à la liberté un régime de silence et de compression. Je le yeux bien. Mais après? Ce traitement doit-il durer toujours? Est-ce là Tidéal qu'on nous veut faire adorer? Et convient-il, pour lui rendrehommage, de proscrire et de flétrir à jamais le régime de discussion et de liberté, et cela, au nom et dans l'intérêt de la religion ? Voilà la question. Elle est surtout théorique et historique: mais elle est vitale; car, sous unautrenooiy c'est absolument la même qui a été posée et résolue plus haut.

Je soutiens que le gouvernement représentatifi s'il a des défauts et des torts, n'en a pas plus que n'importe quel autre gouvernement d'ici-bas. J'ajoute que, quand même il en aurait plus, encore faudrait-il les supporter, sous peine de renoncer à la liberté; car je défie qu'on trouve dans l'Europe moderne une autre combinaison pour la garantir.

Que lui reproche-t-on d'ailleurs ? D'avoir amené le socialisme. Mais ce serait confondre toutes les notions du juste et du vrai que de rendre le gouvernement parlementaire responsable de tout ce qui s'est fait depuis i848 jusqu'au 2 décembre 1 85 1 . La notion même d'une assemblée souveraine et permanente répugne à l'essence de ce gouvernement, qui est avant tout, comme on l'a dit, un gouvernement de contrôle réciproque. Autant vaudrait prendre la Convention pour un modèle du gouvernement parlementaire. Ce serait confondre deux choses tout aussi distinctes que la royauté

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