‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 70 sur 125 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

le siècle de la renaissance du catholicisme, qui nous consolera de tous les outrages ei de toutes les défections qu'il a dû subir depuis la renaissance du paganisme, il y a quatre cents ans. Jamais cette miraculeuse jeunesse de TEglise, jamais ce que Bossuet appelle son éternelle noiweaulé, n'avait éclaté avec une lumière plus manifeste à tous les regards. Du sein de ce vieux monde qui croule depuis soixante ans, où tout pourrissait ou se pétrifiait sous l'ombre malfaisante du despotisme et de la fausse philosophie, elle est sortie plus vigoureuse, plus féconde qu'en ses jours les plus brillants. Omniapwpler eleclos^ a dit l'Apôtre ; c'est le mot qui résume toute la vie spirituelle. Omnia propter Ecclesiam y peut-on dire en étudiant les annales du monde ; c'est le mot par 011 se résument tous les bouleversements qui nous étonnent, nous alarment ou nous affligent. La grande révolution de 1789 n'a été permise que pour lui assurer un incomparable triomphe. L'esprit révolutionnaire, qui est le péché originel dans la vie politique, n'aura abouti qu'à faire éclater le glorieux mystère de la Rédemption sociale du monde par l'Église. On se prend à dire, avec la sainte audace de la liturgie : O felix culpal en la voyant partout refleurir, partout relever sa vénérable tête, partout étendre ses puissantes mains pour conquérir les cœurs, après les avoir pacifiés et purifiés. La révolution a cru tout lui ôter. Sans le vouloir et sans le savoir, elle lui a tout donné, en lui rendant la liberté, seul bien qui lui reste, et qui lui suffit pour récupérer ou remplacer tous les autres. ^^

194 I>^S INT^AÊTS CATHOLIQUES.

La civilisation moderne tout entière , la socle të française surtout, avec ses infirmités morales et ses splendeurs matérielles, me représente ce iliehdiatit estropié que saint Pierre et saint iean ^encbntfèrent à cette porte du temple qu*on liommait la porte Belle par excellence ^ Au ihilieu de ces magnificences, le pauvre infirme demandait Taùmône pour vivre. Saint Pierre ^ le chef de l'Église, le vicaire du Christ, lui dît : Regarde-nous, Respice in nos; regarde en nous la puissance et l'amour, rinFailIible autorité et l'inépuisable charité. £t comme il les regardé en espérant quelque don ^, le prince des apôtres reprend : ArgenUun et aurum non est mihi : Nous n'avons point à t'offrir celte richesse, ce bien-être , seul objet de tes désirs, et qui les trompera toujours; mais ce que nous avons, bous te le donnons : Çuod autem habeo, hoc tibi do; nous te donnons la vérité et la vie. Au nom de Jésus de Nazareth, lève-toi et marche, Surge et ambula. £t, lui tendant la main, il le souleva; et sur-le-champ, dit l'Écriture , \e^ bases de cet homme furent consolidées : Et protinus consolidatse sunt buses ejus et plantœ. C'est ainsi et seulement ainsi que la société moderne sera sauvée. Si elle veut regarder l'Église, si elle veut lui demander l'aumône de la vie et de la Vérité, saisir cette main douce et forte qui lui est toujours

* QttidaiU vir qiU erat daudlU et utero matrls siiib.... qbeni (lonebaiit qUotidie ad pdrMm templi qoe didtitr S(i6ckMâ.»,# (▲et.» m, 1,8.)

^ At ille intendebat in eos, sperana ae aliqoid acceptunun ab eîa.

Page 1