‹ Des intérêts catholiques au xixe siècle (volume 4)Chapitre 21 sur 70 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

la chaire, où quelques-uns égalent Féloquence des plus célèbres orateurs ; dans le confessionnal, où tous remuent les consciences, éclairent les esprits, consolent et pacifient les cœurs, et livrent à cet orgueil rationaliste, qu'une fausse science a fait descendre jusque dans les masses, une guerre permanente et victorieuse.

Et que serait-ce si je pouvais passer ici en revue, à côté des ordres d'hommes renaissants, toute rimmense armée des congrégations de femmes!

Elle a déjà repris possession du sol de la France, au nom de la prière et de la charité. Bravant tous les genres de mépris et d'obstacles, elle envoie de Paris, d'Angers, de Nancy, des essaims de jeunes et intrépides conquérantes jusqu'au Caire et jusqu a Berlin, jusqu'en Chine et en Californie. Sur ces vaisseaux qui portent dans le pays de l'or des nuées d'hommes dévorés par la cupidité et dégoûtés de la vie régulière , voyez-vous ce groupe à part, tranquille, recueilli, patient et joyeux? C'est un missionnaire avec quelques sœurs de charité, qui vont à la recherche de quelques pauvres âmes , qu'il s'agit dç dérober à la fièvre du gain et de préserver d'une ruine éternelle.

Partout cette race immortelle pullule, si j'ose m'exprimer ainsi, avec la même rapidité que les misères et les infirmités de l'homme. Embrassant dans sa vaste étreinte toutes les forces et toutes les faiblesses de la nature déchue et rachetée, elle est plus vieille que toutes les constitutions, plus neuve et plus féconde que toutes les utopies ; elle renou-

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yelle, elle maintient, elle appliqué iôùtes les ressources qu'ont produites et le génie du moyen âge et la rassurante fécondité de la charité contemporaine, depuis les nobles fîlles de sainte Scolastique et de sainte Claire, jusqu^à ces petites soeurs des pampres, inventées par une servante bretonne, à l'effet de recueillir les délaissés de là charité régulière, et de se nourrir des restes , non de la table des riches , mais de la desserte des pauvres. II y a cinquante ans , pas une seule religieuse ne se montrait sur le sol de la France; aujourd'hui, on voit apparaître leur cornette blanche, leur visage riant ^ leur regard pur et calme, dans chaque ville, dans chaque bourgade, à l'ombre de tous les clochers, sur le seuil de toutes les écoles, de tous les hospices, partout où il y a une larmie à essuyer, une misère à alléger, un mort à ensevelir, un vivant à consoler.

Vous avez vu une forêt abandonnée à la cognée du bûcheron : tout paraît mort, dévasté, stérile; les vieux chênes' sont tombés, et leur feuillage desséché jonche le sol d'aletitour; leurs grands bras dépouillés et dépecés , leurs troncs mutilés gisent à terre : rien n'est épargné, et jusqu'aux jeunes rejetons qui croissaient à l'ombre de leurs ancêtres semblent entraînés dans la ruine commune. Et cependant, rien n'a péri! De ces ce^ pées, que la hache a découronnées, la sève et la vie vont jaillir de nouveau. Tout renaît, tout repousse, tout s'élève et reverdit de nouveau. Au bout de quelques années, vous repassez , vous retrouvez

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d épais ombrages^- une végétation féconde, partout la fraîcheur, la jeunesse, la beauté et l'impérissable témoignage de la vitalité dont Dieu a doté la nature !

Ainsi, et plus vivace encore, renait du sein déèliîré iriàîs inépuisable de l'Église la race invincible des serviteurs et des servantes de Dieu.

56 DES inTÏRÊTS CATHOUQUES.

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