‹ Des intérêts catholiques au xixe siècle (volume 4)Chapitre 37 sur 70 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

et voilée, pour riosulter, et se /ont les échos at* tardés des Pindares de l'autocratie.

Je sais bien qu'aujourd'hui , à la différence des temps antérieurs, la liberté politique entraine partout avec elle la liberté religieuse, mais j'aime à croire que le catholicisme n'a pas plus à redouter l'une que l'autre. Je n'hésite pas à le dire, si on pou* vait supprimer la liberté de l'erreur et du mal, ce serait un devoir. Mais l'expérience prouve que dans notre société moderne, on n'en peut venir complètement àbout sans étou (Ter également la liberté du bien, sans confier la toute-puissance à des gouvernements qui peuvent n'être ni dignes, ni capables de l'exercer. La liberté de conscience, ce principe invoqué si longtemps par les ennemis de la religion, tourne aujourd'hui partout à son profit. Sans doute il serait insensé de le proclamer dans les pays où il n'existe pas, et où il n'est réclamé par personne. Mais là où il existe, où il a été une fois inscrit dans les lois, gardons-nous de l'en efTacer, car il y devient la sauvegarde de la foi et le boulevard de l'Église. On sait assez que ce principe, invoqué par les premiers réformateurs, n'a jamais été appliqué par eux ; que Luther, Calvin, Henri VIII, ont été les plus violents persécuteurs, non-seulement des catholiques, mais des protestants qui ne pensaient pas en tout comme eux; que la réforme n'a triomphé en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, qu'à l'aide des supplices et de la compression la plus énergique. Ce n'est donc pas le principe de la liberté religieuse qui a fait la fortune du protestantisme. D'un autre côté, on ne voit pas que le ca-

IpO DES INTÉR]ftTS CATHOLIQUES.

iholicisiiie ait ^agoé quelque cUose en France à la révocationr de Tëdit de Nantes; au contraire, il a toujours été en déclinant depuis lors jusqu'à nos jours. L'on ne voit pas davantage qu'en Espagne; en Italie, en Piémont, où la liberté des cultes dissidents a été proscrite jusqu'à nos jours, l'Église ait échappé aux spoliations et aux persécutions les plus sanguitiaires.Il semble donc que là n'est point aujourd'hui le principal péril de l'Église. Par un merveilleux secret de la miséricorde divine, partout aujourd'hui le libre examen ne profite plus qu'à la vérité, partout l'hérésie est contrainte de se mettre à l'abri d'une légalité oppressive ou des violences de l'émeute pour arrêter le progrès de Ja foi catholique; il en est ainsi en Suède, en Angleterre, en Prusse, en Suisse, et jusque dans le petit duché de Mecklembourg '. Ce ne sont certes pas aujourd'hui les catholiques qui pros^ crivent, qui exilent, qui empêchent la prédication, qui traînent au prétoire leurs adversaires ; ce sont eux au contraire contre lesquels, à Stockholm, à Londres, à Schwerin, à Genève, il faut em-

' Dans ce pays luthérien , il n'est pas permis à un catholique de faire oéiébrer l'office divin dans sa maison particulière par un prêtre voyageur. Une ordonnance spéciale du grand-duc , en date du lo mars i85a. interdit aux catholiques la célébration de la messe ailleurs qu'a Schwerin et à Ludwigslust , et une fois par an à BQt20w. Un gentilhomme converti , qui avait fait venir nn prêtre po^r habiter chez lui» a été sommé de le faire sortir du pays sous huitaine. Il faut lire la correspondance de ce grand«duc avec les prêtres catholiques, publiée par le ydskhalle du itr sept. iSS), pour se faire une idée juste de ce que les luthériens entendent par la liberté de conscience* ^

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