‹ Des intérêts catholiques au xixe siècle (volume 4)Chapitre 48 sur 70 · CHAPITRE VIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. l

Peut*on ressusciter les forces qui contenaient alors le despotisme? Non , car la révolution a fait table rase en détruisant tous les droits héréditaires et toutes les corporations^ déjà et depuis longtemps minées, dénaturées et annulées par la monarchie triomphante. £t quand même on le pourrait, le voudrait*on ? Non ; car ce serait reconstituer une société aristocratique, tout un en** semble de supériorités hiérarchiques et patrimoniales, chose qui répugne entre toutes à l'esprit moderne de la FrancCi Sous ce rapport, les catholiques, adorateurs tardifs du moyen âge, semblent tout aussi ^Français que pour le reste. Us acceptent volontiers un maître, et ne savent point supporter des chefs<

Les gens qui reprochent au régime parlementaire degéner et de neutraliser rautorité,qui accusent les assemblées d'être asservies parle pouvoir ou de le dominer, oublient ou ignorent parfaitement de quelles gènes et de quels obstacles les institutions du moyen âge entouraient l'exercice du pouvoir. Ils devraient cependant savoir, depuis vingt-cinq ans que M. Guizot Fa démontré, que les prin^ cipes les plus avancés de la politique libérale ont été imaginés et formulés alors ; ceux-ci, par exemple : Nulle taxe rûest légitime si elle ri est consens lie par celui qui doit la payer î nul rûest tenu tf obéir aux his qui il fia pas consenties.

Ils ne sont pas sans avoir entendu parler dés corlès d'Aragon , que Philippe II décima par la main du bourreau , que Philippe V eut soin de supprimer, et qui disaient à leurs rois : « Nous,

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« qui valons chacun autant que vous, et tous en'- « semble plus que vous y nous vous jurons fidélité « tant que vous garderez nos libertés et prinléges ;

« SmON, NON.»

Mais, à coup sûr, ils n'ont jamais lu la page suivante, d'un vieil historien de ma province, Saint-Julien de Baleure , que je prends la liberté de leur soumettre dans son énergique naïveté, comme un témoignage de ce qu'était encore la liberté du moyen âge à son déclin :

ce Le duc Charles, dernier hoir de la maison de a Bourgogne, ne mesurant toute chose qu'à l'aulne (c de sa volonté, fit proposer aux états tant de non- «veaux subsides et impositions si étranges, que ce toutes les chambres en étoient étonnées; mais <i le sieur de Jonvelle , qui aussi étoit sieur de ccCharny, le sieur de Mirebeau et autres vrais (c Bourguignons (c'est-à*dire , résolus de ne rien a dissimuler, ni céder contre le devoir que cha- «r cun doit avoir à sa patrie), priudrent charge « de faire la réponse pour tout le corps des états, ^ sans préjudice de ce que coustumièrement c'est « à celui qui préside à la chambre ecclésiastique a de la faire. Leur réponse fut laconique et briève, « mais pleine de brave substance, sous ces mots : (C Dites à monsieur le duc que nous lui sommes « très 'humbles et obéissants sujets et serviteurs; ce mais que quant h ce que vous nous ai^z proposé tide sa part, il ne se fit jamais, il ne se peut faire, « et il ne se fera pas. Petits compagnons (ajoute « rhistorien) n'eussent pas osé tenir ce langage, ce qui f^it çoUiger que les grands seigneurs sont

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