‹ Des intérêts catholiques au xixe siècle (volume 4)Chapitre 50 sur 70 · CHAPITRE VIII. iSg · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. iSg

Maures d'Espagne pour ébranler la monarchie catholique au delà des Pyrénées % et de l'autre avec les protestants d'Allemagne pour leur offrir la sécularisation de toutes les principautés ecclésiastiques, et en obtenir la cession de la rive gauche du Rhin^ pendant que les Turcs occuperaient l'Autriche ) et que la Suède écraserait la catho* liqùe Pologne^? A-t-on oublié Louis XIII, par la main de Richelieu, soudoyant Gustave-Adolphe contre toutes les puissances catholiques, achevant detis ce pays l'œuvre de Luther, et, par les guerres affreuses qui précédèrent le traité de Westphalie, condamnant TÉglise à l'abaissement dont elle se relève à peine aujourd'hui ?

A-t on oublié que Louis XIV, ce grand mV^ieur^^ ce précurseur tout-puissant de la démocratie^ ce persécuteur impitoyable de ceux qui ne voulaient pas suivre sa religion ^, était le plus redoutable adversaire de l'autorité du saint-

> Mémoires du maréchal de la Force, 1. 1, p. 341-375.

^ Le texte authentique de ce traité seci*et, négocié par Bongars a^-^ les agents deft t)rinces de Brunswick et de Saxe, a été réoemment ciéGouvert et publié par les FeuiUts hiitoriques et politiques de VMlemagne catholique , t. XXVII, p. 73 à 86. C'était le traité de Lunéville, devancé de deux siècles!

3 Expt^ssion très-juste de M. Augustin Thierry, dans son B^sai Mtr laformatwif tiu tiers état.

4 « Sa Majesté veut qu'on fasse sentir les dernières rigueurs à ceux qui ne voudront pas suivre sa religion.. . . Sa Majesté désire qtte TOUS vous expliquiee foH durement contre ceux qui voudront étf^ les derniers à professef um reUgêon qui lui déphtt, » (Lettres de Louvois, at>. Btrx.tiTÈiiB, ÉcfaircisstmeHts sur la réi*ocation de Védit de Nàntes.)N^\v9iXïs^\ lés Mémoire^ de l'Intendant Foucauld, publiés par M. Adhelmé Bernier> el cetit dti Cosnac, archevêque d'Aix, qui viennent de paraître.

l4o DES INTJÉRIÈTS CATHOLIQUES.

siège et de rîndépendance de TÉglise? À-t-on oublié les insolences sacrilèges de son ambassadeur Lavardin à Rome, et cette déclaration de i68a, source à peine tarie des servitudes et des humiliations de l'Église ? Quel chrétien pourrait lui pardonner, malgré la juste splendeur de sa gloire, ses coupables sympathies pour les Ottomans, alors à la veille de saisir dans Vienne la clef de TOccidenl alarmé; son hostilité contre Sobieski, qui devait briser pour toujours l'ascendant du croissant; ses efforts pour arrêter dans sa marche et abaisser dans sa gloire le libérateur de l'Europe, le Charles Martel du xvn^ siècle ' ? Il disait à son petit-fils : « Choisissez pour ministres les premiers vernis ; tout doit se faire par vous seul et pour vous seul ! » Et il écrivait à son fils : ce Tout ce qui se trouve tf dans nos États, de quelque nature que ce soit, «c nous appartient au même titre, et doit nous être « également cher. Les deniers qui sont dans notre « cassette , ceux qui demeurent entre les mains de « nos trésoriers, et ceux que nous laissons dans le « commerce de nos peuples, doivent être par nous c< également ménagés... Vous devez donc être perce suadé que les rois sont seigneurs absolus, et ont (c naturellement la disposition pleine et libre de tf tous les biens qui sont possédés, aussi bien par

> Voir l'éloquente et impartiale Histoire de Jean Sobieski , par M. DB Sai^yaudt, liv. X et XI.— Duvemey, ministre de Louis XIV» disait aux ministres de Sobieski : « Je ne connais au-dessus de moi que mon maitre , Jupiter et son épée ; et mon maître encore avant Jupiter. » {lettres de Sobieski, p. a3.) Il était difficile d'être plus païen pour la forme et pour le fond.

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