‹ Des intérêts catholiques au xixe siècle (volume 4)Chapitre 54 sur 70 · CHAPITRE fX. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE fX. l

forcer le pouvoir exécutif de renfermer Tinter* vention armée de la France dans les limites de la justice et du respect, après avoir salué Timmortelle maternité de TËglise par des acclamations qu'il doit m'étre permis de rappeler avec autant d'émotion que de reconnaissance ?

Et le gallicanisme y si justement odieux à certains de nos adversaires , le gallicanisme, qui produisait encore en 18216 une contrefaçon de la déclaration de 168a, sous quel régime a-t-il subi les affronts qui Font expulsé du domaine des choses réelles? S'il relève aujourd'hui la tète, comme on l'affirme , s'il recommence a se glisser ténébreusèment dans les conseils du pouvoir, n'est-ce pas depuis qu'il a éprouvé combien la discussion publique, le grand jour de la tribune lui était fatal ? Quand nos légistes disputaient à l'Église ses \U bertés, quels précédents invoquaient-ils à l'appui de leur dialectique surannée? Étaient-ce ceux du gouvernement représentatif, ou même de nos assemblées révolutionnaires? Non: c'étaient ex* clusivement les traditions du pouvoir absolu, de Louis Xiy surtout et de Napoléon, ces deux grands antagonistes de l'indépendance de l'élise.

Mais ces succès, ces leçons sont également oubliés par nos adversaires, dont quelques-uns n'ont rien dit, rien fait pendant la lutte, et viennent maintenant désavouer le courage qu'ils n'ont pas montré , et compromettre la victoire qu'ils n'ont pas gagnée.

Ces imprudents nous parlent sans cesse de la Belgique et de l'Angleterre. Je risquerais trop de

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me répéter, d je rappelais ici qM la Belgique doit au régime représentatif toutes les libertés qu'elle a réclamées et consacrées pour l'Église, et dont aucune n'a encore été sérieusement enta^ mée % et qu'O'Connell n'a dû qu'à ce puissant instrument les victoires qu'il a gagnées sur l'intolérance anglicane. Mais je prie tout observateur impartial de se recueillir, et de se demander où en serait aujourd'hui la cause catholique en An* gleterre, si^ au lieu d'avoir affaire au parlement, où les catholiques et les protestants vraiment libéraux peuvent élever une voix puissante et écoutée, elle ne se trouvait en présence que de la majesté offensée de la reine Victoria Jalouse à l'excès, comme chacun sait, de sa prérogative spirituelle? On reverrait sans doute des violences analogues à celles qui consacrèrent cette prérogative sous Henri YllI et Elisabeth , alors que le parlement n'était qu'une simple cour d'enregistrement des volontés despotiques de la royauté. Aujourd'hui, au contraire, toute la fureur des préjugés populaires déchaînée contre TÉglise , encouragée par une presse dévergondée, et par la coupable complicité du ministère whig, qu'a-t-elle pu enfanter? Rien, si ce n'est ce fameux bill des itères ecclésiastiques, que la discussion avait morale ment tué avant qu'il fût promulgué; que l'éloquente protestation des Graham et des Aberdeen avait marqué du sceau de la réprobation , et qui est resté jusqu'à présent à l'état de lettre morte.

* J'ai excepté la liberté de la eharité : TOir plus haat, p. %4.

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