‹ Des intérêts catholiques au xixe siècle (volume 4)Chapitre 55 sur 70 · CHAPITRE IX. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. l

Ou nous objecte encore TAlleniagne; on noufi demande , avec la plus étrange légèreté , ce que l'Église a gagné au gouvernement parlementaire* La réponse sera facile et accablante : TÉglise y a gagné dix fois plus de sève et de liberté qu'elle n'en avait auparavant. Quelque pitoyable ^ quel-* que odieuse qu'ait été dans ce pays la révolution de 1848 sous le rapport politique, il faut en avoir ignoré le premier mot , pour méconnaître que le principe de la liberté de l'Église , de son autonomie, comme on dit en ce pays-là , de son libre enseignement , a été posé, proclamé et con-> quis au sein des nouvelles assemblées^ tandis qu'auparavant aucun gouvernement n'en avait tenu compte. Oui , si l'Église a obtenu un commencement de justice et de liberté, elle ne l'a dû nulle part à l'action spontanée du pouvoir absolu : elle l'a dû exclusivement à la discussion et à l'énergie de ses enfants, au sein des assemblées politiques. C'est là que pour la première fois les Radowitz^ les Dôllinger^ les Buss, les Beda Weber, les Reichensperger, au milieu des démagogues et des bureaucrates, ont su revendiquer victorieusement les droits du catholicisme '. C'est à la suite de ces discussions que les évéques ont pu s'assembler en concile à Wurtz-

» La Deutsche Folkshalle, du 4 avril i85a, remarque avec raison que c'est seulement depuis 1848 qu'on a entendu les laïques parler à la tribune le langage chrétien, qui naguère n'était entendu que de la bouche des prêtres et dans la chaire. Citons encore, parmi les orateurs laïques qui ont servi de leur éloquence et de leur courage la cause catholique, les professeurs de Lassaulx, Philipps et Hermann MAiler.

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boiirgy pour la première fois depuis un siècle, et que les associations catholiques de Pie IX , de Saint - Charles Borromée, etc., ont tenu leurs assises publiques. Où sont-^iles nées d'aitleurs j ces œuvres généreuses et fécondes de la ferveur catholique ? Est-ce sous le sceptre paternel de l'Autriche ? Non : c'est en Prusse et dans les petits États du Rhin , c'est-à-dire dans les pays de lutte et de liberté. Ce qui est un grand malheur, mais ce qui n'en est pas moins une incontestable vérité, c'est qu'il a fallu que la faux de la révolution ait atteint l'Autriche, pour que les chaînes de l'Église y fussent brisées.

£n Prusse, les sanglantes folies de la révolution de mars avaient fait éclore une constitution, sans doute très-défectueuse au point de vue politique, mais qui contenait ces trois articles, dont l'absence est à jamais regrettable dans la nôtre :

« Art. XII. La liberté de religion est garantie.

«Art. XIV. Les corporations religieuses peuvent correspondre avec leurs supérieurs sans qu'il soit apporté d'obstacle à ces rapports.

a Art. XV. L'Église catholique et l'Église évangélique sont indépendantes l'une et l'autre dans le règlement et dans l'administration de leurs affaires. »

Il est de règle aujourd'hui, parmi nos nouveaux docteurs, de se fonder sur un mot très-profond de M. de Maistre, pour se donner le plaisir de mépriser les constitutions écrites. Je ne vois pas qu'il en soit de même chez nos frères au delà du Rhin ; je les entends invoquer ou regretter ces sti-

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